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Crise de la dette

 

Maintenant que l’ampleur du problème est apparue en pleine lumière, une nouvelle certitude a surgi : la certitude que, quelles que soient les mesures adoptées, les choses vont empirer. Une léthargie prolongée apparaît désormais comme le scénario optimiste. Joseph Stiglitz

 

Crise - finance - économie - écologie

 

Comprendre la crise de la dette et plus encore l’avenir de l’ensemble des échanges de biens et de valeurs au sein de l’humanité ne saurait être possible sans une réinscription pertinente des processus en jeu dans un contexte évolutif global, comprenant des définitions strictes et universelles des concepts manipulés.

Je ne reprendrais pas dans cet article la première partie de l’Essai Sur la Raison de Tout qui décrit les lois essentielles de l’organisation universelle des objets. Celle-ci reprend les principes thermodynamiques qui régissent l’économie des relations entre toutes choses, elle rappelle notamment que tout système isolé ne peut que dissiper l’énergie qu’il contient, sans jamais pouvoir en créer par lui-même spontanément (deuxième principe de la thermodynamique).

Alors que les lois de la thermodynamique ont été parfaitement démontrées, qu’elles sont suivies à la lettre pour le progrès humain, depuis la mise en œuvre de l’agriculture et l’augmentation de sa rentabilité jusqu’à la fabrication de tous moyens autorisant l’amélioration de notre confort (usines pétrochimiques, centrales nucléaires, véhicules motorisés, montres, parapluies…), l’humanité est incapable d’entendre que le deuxième principe interdit à son économie (à la création et l’échange de produits et de valeurs) d’être éternelle. Notre déni collectif est presque total, nous fuyons cet insurmontable écueil et il faut saluer les qualités de notre psychisme qui, avec une étonnante performance nous protège de l’évidence, nous évite la fixation stuporale devant une trop grande angoisse (voir aussi la loi de la dichotomie à l’axe).

C’est l’exploitation du travail de la nature et de l’humain qui permettent, par extraction unidirectionnelle de profit, d’améliorer la condition de l’espèce dominante que nous sommes, au détriment de la possibilité pour l’environnement et les humains exploités de maintenir possible leur évolution ou même simplement parfois leur existence. Ces points sont détaillés précisément dans l’Essai Sur la Raison de Tout (ESRTV chapitre 7 : Economie du principe d’humanité) et il est admis dans le texte ce qui est trop souvent oublié même chez les plus grands experts : tous les plaisirs, tous les avantages de l’humanité sont toujours pris à quelqu’un et à quelque chose, dans l’espace et dans le temps. Le nombre de travailleurs (et d’esclaves) potentiels, les capacités de la nature et l’espace lui-même n’étant pas extensibles à l’infini, l’humanité connaîtra une fin à son développement, il n’est pas besoin de plus longue démonstration.

Dans le contexte précis de la crise de la dette que nous vivons actuellement (qui est un aperçu de celle de demain), ESRTV propose des définitions du crédit et de l’intérêt qui paraissent pertinentes :

 

Paragraphe 7.3.6 Crédit : Prêter de la valeur en vue d’un remboursement est espérer en la possibilité du maintien de l’exercice de l’emprise sur son environnement (naturel et humain) par l’emprunteur afin qu’il puisse rembourser cette valeur.

 

Paragraphe 7.3.7 Usure : Prêter de la valeur avec intérêt est espérer que la pression exercée sur les ressources pour leur transformation au bénéfice de l’emprunteur puisse être augmentée.

 

Je ne suis pas économiste, la finance est une science très obscure pour moi et l’on me rétorquera que ces définitions sont simplistes. Pour ma part je ne les trouve que simples, la crise d’aujourd’hui n’est autre que la manifestation des limites des capacités de l’environnement naturel et humain à assumer la charge de travail qu’on lui demande. Le fait que nous ne puissions authentiquement pas admettre cette démonstration pourtant difficile à contredire participe d’ailleurs à ma fascination pour l’esprit humain, capable de construire des édifices intellectuels complexes et raffinés, dont on comprend désormais la justification : éloigner le plus possible de la raison l’évidence que la dette de l’humanité envers la nature ne pourra jamais être remboursée (lire : L’écologie est-elle possible ?).

 

Paragraphe 7.3.9 Hors de prix : La valeur absolue des ressources et objets est infinie. Le maintien d’une valeur relative admissible dans les échanges n’est due qu’à la possibilité de maintenir l’illusion de l’innocuité de ces échanges sur l’équilibre de l’environnement. Lorsque le déni de la destruction de l’environnement ne sera plus possible, la valeur de toute transaction entre les humains tendra vers l’infini. Il ne sera en effet plus possible à la fois d’effectuer des transactions et de maintenir les capacités de l’environnement à supporter les effets de ces transactions.

 

Mais la question, celle qui nous tiraille vraiment, qui nous fait tant réfléchir, douter, parler mais nous pousse malgré tout à construire des maisons et acheter de nouvelles voiture n’est pas de savoir comment tout cela va se terminer ni même quand, mais qui ? Qui parmi nous affrontera demain dans la plus grande sécurité, le plus grand confort ? Qui saura protéger le mieux ses enfants face à un monde de plus en plus hostile ? Qui parmi nous parviendra à maintenir le plus longtemps l’illusion d’une éternité possible ?

Qui n’y parviendra pas ?

C’est la compétition existentielle qui mène le monde, nous ne pouvons y échapper, elle nous fait nous détruire mais nous ne savons rien faire d’autre. Nous tâcherons de ne pas oublier d’ailleurs, lorsque nous reprocherons à ceux qui nous dominent de nous retirer notre confort pour améliorer le leur, que nous n’avons jamais auparavant réduit le nôtre sous prétexte que des enfants travaillaient pour nous l’offrir, que des populations qui vivaient sur des champs pétrolifères mourraient sous les balles pour que nous puissions utiliser nos véhicules ou que la forêt amazonienne s’écroulait sous les bulldozers pour nous fournir du papier.

 
 
 

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