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De l’utilité du réchauffement climatique

 

Réchauffement - crise - écologie - économie

 

Pourquoi, malgré nos talents et nos meilleures intentions, ne parvenons-nous pas à modifier le cours, bientôt fatal, de notre évolution ?

 

Alors que le réchauffement climatique ne fait à présent plus de doute (quoiqu’il soit préférable de parler de destruction de l’équilibre écologique vital, dont les perturbations atmosphériques ne sont qu’un des symptômes), le positionnement épistémologique et la méthodologie proposée par l’Essai Sur la Raison de Tout (ESRTV) offrent une nouvelle perspective de compréhension des débats portant sur l’impact écologique de l’activité humaine (ESRTV chapitre 10.4). Selon les hypothèses proposées, la mise en avant de l’étude du fonctionnement dynamique de l’atmosphère, qui est une science complexe, aura eu une utilité très précise dans les échanges humains au cours des dernières décennies d’évolution rapide de nos sociétés et de nos économies.

Nous savons que rien de nos avantages, de notre sécurité ou de nos plaisirs ne peut provenir d’autre chose que d’une exploitation de notre environnement naturel, minéral et vivant. Il est aisé de constater que l’extraction et l’utilisation du pétrole par exemple ne pourront pas être éternelles et qu’elles perturbent gravement l’environnement (destruction des lieux d’extraction, pollution globale…). Il est difficile de nier que l’agriculture intensive stérilise peu à peu des terres toujours plus dépendantes à l’industrie pétrochimique, non plus pour augmenter mais pour maintenir leur productivité agricole. Il n’est plus possible depuis longtemps d’occulter que la destruction des forêts, la pollution des cours d’eau ou que la réduction très rapide de la quantité d’espèces mais aussi du nombre d’êtres vivants dont nous dépendons pour exister (surpêche…) nous mettent en péril directement et à relativement court terme (lire : 1972, le MIT envisage déjà la fin de notre humanité avant 2100).

Face à ces données parfaitement vérifiables, il aura sûrement été opportun, voire nécessaire pour la communauté humaine que le débat sur son avenir ait été détourné de ces problématiques certaines au bénéfice d’une discussion autour d’une question à laquelle il aura été, au moins pour un temps, impossible de répondre définitivement. Si la problématique du réchauffement climatique n’avait pas occupé tant d’esprits ni consommé autant d’argent, si les politiques, les institutions, les experts (et nous-mêmes) avaient dû considérer dans leur communication des descriptions peu avenantes mais sûres de l’avenir humain, nous nous serions retrouvés collectivement beaucoup plus tôt devant l’impasse évolutive que nous faisons tout pour éviter depuis que nous existons : tous les avantages adaptatifs que nous obtenons par exploitation de notre environnement ont un effet négatif sur sa capacité à nous assurer une existence pérenne. Il nous aura été indispensable d’éloigner notre attention de cet écueil en maintenant aussi longtemps que possible un conflit sans solution, qui autorise l’opposition des “pour” et des “contre”, des “d’accord” et des “pas d’accord”, contre la réalité qui n’accepte que la vérité unanime de notre fin à terme (voir la partie C d’ESRTV).

Alors que ce sont nos niveaux de vie, de confort et de sécurité qui sont seuls responsables de la destruction de l’équilibre écologique vital, le débat autour de la réalité du réchauffement climatique aura été une parfaite illustration de la loi de la dichotomie à l’axe, qui explique comment nous participons tous à organiser les échanges au sein de l’humanité afin de nous décharger sur un autre de notre propre responsabilité. Les “climatosceptiques” n’ont rien changé à leur niveau de vie car ils ont pu nier les réalités physiques de leur environnement contre ce qu’ils considéraient être l’obscurantisme des plus pessimistes d’entre nous. Ceux qui ont compris plus tôt la réalité du réchauffement n’ont rien changé à leur niveau de vie car ils ont pu reprocher aux climatosceptiques leur immobilisme, les désignant comme responsables de l’inaction globale par leur optimisme naïf. Le réchauffement climatique, qui n’est qu’un effet de causes parfaitement connues, mesurables, objectivables depuis toujours, aura détourné notre attention de ces causes au profit de discussions illusoires et parfois irrationnelles mais qui nous auront fait gagner du temps, nous offrant l’opportunité de produire toujours plus de CO2 et de méthane par notre consommation… faisant définitivement de ce réchauffement une réalité.

Désormais que nous ne pouvons plus contourner l’évidence de la destruction de l’équilibre écologique vital, quel pourra être le nouveau point de fixation conflictuel qui nous permettra d’avancer malgré tout ? Des discussions autour de la façon de mettre en œuvre une éventuelle restauration de cet équilibre, alors même que croire en une possible protection de l’environnement n’est pas plus sérieux que de nier le réchauffement climatique ?

 

L’objet de l’Essai Sur la Raison de Tout n’est pas de prendre parti pour telle ou telle cause, mais de comprendre comment la communauté humaine, grâce aux différenciations interindividuelles, à la structuration de ses sociétés et à l’organisation des échanges en son sein, parvient à maintenir possible son évolution par une exploitation toujours plus grande de son environnement dans la gestion d’un conflit autorisant le rejet de la responsabilité de sa destruction sur un autre que soi.

 

Lire aussi l’article Espoir et méthodologie : utilisation opportune mais erronée des concepts scientifiques pour comprendre comment la science parvient à dévoyer ses connaissances pourtant les plus sûres afin de contourner l’inéluctabilité concrète de la destruction de l’équilibre écologique vital.

 
 
 

6 Comments

  1. Incognitototo
    Incognitototo 07/10/2012

    Oui, c’est une vraie question… c’est très incompréhensible que les réchauffistes s’obstinent à nous faire peur sur un désastre putatif futur, alors même qu’il y en a plein déjà présents partout, bien réels ceux-là… et qu’ils sont plus que suffisant pour justifier que nous devons tout changer…

    • Vincent Mignerot
      Vincent Mignerot 07/10/2012

      Je vous suis, le débat sur le réchauffement climatique, et sûrement beaucoup d’autres aussi stériles nous sert selon moi d’écran de fumée pour nous éviter de voir les dégâts déjà faits et inhérents à l’activité humaine… nous pouvons ainsi continuer à détruire le monde comme si de rien n’était.

  2. […] pas nous qui décidons de la possibilité de le réaliser à terme, et le vain débat sur le réchauffement climatique nous sert bien plus d’écran de fumée qu’il prépare notre avenir. Le débat n’est pas là. D’ailleurs, il n’y a […]

  3. […] soit, sans détruire l’environnement (lire L’écologie est-elle possible ? et De l’utilité du réchauffement climatique), ou que l’espoir et la bonne volonté sont des facteurs d’accélération de cette […]

  4. Sic transit gloria mundi : la fin du monde humain est certaine
    Sic transit gloria mundi : la fin du monde humain est certaine 07/05/2013

    […] cette façon nous avons toujours des esclaves, de reconnaître que protéger l’environnement accélère paradoxalement sa destruction car notre petite action “positive” nous permet de continuer les autres toujours […]

  5. […] nous qui décidons de la possibilité de le réaliser à terme. Nous nous occupons essentiellement de réfléchir sur les conséquences du réchauffement climatique afin de nous y adapter au mieux, mais le débat sur notre avenir n’est pas là. […]

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