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Mais qui gardera ces gardiens ? Google et le commerce des armes

 

Google commerce armes monde

Google commerce armes monde 2

 

 Small arms and ammunition – imports & exports

(uniquement sur Chrome)

 

Google propose, via son navigateur Chrome, une belle illustration d’une chose moins belle : le commerce mondial des armes de 1992 à 2010. L’image peut être contrôlée afin de choisir un pays, une année de référence, il est possible de discriminer les imports / exports et le type d’arme dont on souhaite suivre les échanges.

Cette initiative d’une des plus grandes sociétés mondiales, spécialisée dans la maîtrise de la circulation de l’information montre bien les caractéristiques systémiques et globales, mais clivées dans la communication, de la structure  anthropotechnique.

L’interface proposée laisse à penser qu’il serait difficile de considérer les pays fabricants d’armes comme totalement désintéressés dans les conflits. Même si parfois des écarts de temps séparent les actes de vente des actes belliqueux, il semble exister une corrélation. Cette corrélation rendrait difficile, honnêtement, la considération que ces pays exportateurs ne seraient pas à la fois juge et partie (pour des conflits civils ou militaires).

Nous pourrions traduire l’intérêt de l’ambivalence du commerce des armes en rappelant que, s’il est plus sûr d’être du bon côté du pistolet, il reste intéressant de maintenir le désordre politique et social à distance ; cela est profitable au commerce extérieur de nos pays dominants et permet de spolier plus aisément les ressources délaissées par des peuples affaiblis par les conflits.

Le site Groundviews propose d’étudier le cas du Sri Lanka. Comment à la fois condamner le non respect des droits de l’homme, et vendre les armes qui l’impliquent ?

 

“If anything, the UN HRC voting map compared to the trade of arms and ammunition strongly suggests that the arms of foreign governments interested in strengthening accountability and human rights in Sri Lanka are not entirely in sync with other arms of government, including the private military industry, that have materially supported Sri Lanka’s war. This disconnect is one that Sri Lanka’s current regime has tirelessly sought to highlight, for entirely parochial reasons. That said, if there is now an interest in and commitment towards accountability within Sri Lanka by the international community, it begs the question – will there be any accounting of how foreign arms and ammunition flows contributed to gross human rights abuses in Sri Lanka?

Quis custodiet ipsos custodes ?”

 

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Note :

Les armes légères comme les revolvers, fusils d’assaut, mitrailleuses légères représentent une industrie de 8,5 milliards de dollars et les trois quarts de ces armes se retrouvent dans les mains de civils (plus de 650 millions d’armes). Google nous rappelle que 60% des morts violentes sont causées par des armes de petit calibre. L’outil a été créé par l’équipe de Google Creative Lab en collaboration avec l’institut Igarape. Plus d’un million de points de données ont été regroupés entre 1992 et 2010 dans plus de 250 états et territoires à travers le monde.

Source : Forbes

 
 
 

One Comment

  1. […] L’acquisition d’avantages matériels nécessite l’exploitation à moindre coût de ressources (notamment le pétrole) dont les pays dans lesquels elles se trouvent ne souhaitent pas forcément se séparer (pour quelle raison ?), ou alors aux prix qu’ils fixeraient eux-mêmes. Déclarer ces pays hostiles, voire terroristes est un moyen opportun et efficace de justifier une spoliation arbitraire, le tort du vol effectué étant rejeté sur un autre accusé d’être hostile, par exemple, à la liberté. La loi de la dichotomie à l’axe permet à l’humain (ici aux humains dominants) de créer les situations de conflit autorisant à la fois la spoliation et la bonne conscience. Il serait bien plus difficile d’assumer et justifier des horreurs d’une guerre et de l’abjection du vol de ressources – peut-être impossible – sans l’écran de fumée du discours clivé justificateur (Lire : Mais qui gardera ces gardiens ?). […]

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