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L’espoir, ce nouvel obscurantisme ?

 

Comment l’espoir nous a condamnés.

Pourra-t-il aussi nous sauver ?

 

mad max espoir obscurantisme adrastia mignerot

 

“L’espoir c’est un leurre.
Quand on n’arrive pas à réparer ce qui est cassé, on devient fou.”

Mad Max : Fury Road – 2015

 

Une page se tourne. Pour l’humanité bien sûr, pour la vie, pour la Terre, nous le savons déjà. Mais aussi pour ce que nous pensons connaître de nous-mêmes. Nous nous interrogeons aujourd’hui sur les crises écologiques, économiques, financières, auxquelles l’humanité a toujours dû se confronter, mais avec une inquiétude plus profonde : nous craignons désormais qu’elles soient les signes précurseurs de notre fin.

Analyser les processus en jeu dans les phénomènes critiques actuels implique de comprendre au mieux ce qu’est l’humanité et, particulièrement, son inscription existentielle dans l’évolution. Il nous faut estimer de ce qui nous différencie vraiment des autres êtres vivants et en quoi la problématique écologique contemporaine ne serait peut-être que l’aboutissement d’un mode de relation particulier, mais naturel, à l’environnement. Une telle compréhension de la nature humaine doit bien sûr se faire dans le parfait respect des lois de la physique et de la thermodynamique, que l’on pourrait résumer pour ce sujet en rappelant la formule d’Antoine Laurent de Lavoisier : “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”.

Nous faisons partie d’un système dynamique, la Terre, dans lequel tout semble être interdépendant, dans l’espace et dans le temps. Si nous considérons que Lavoisier ne s’est pas trompé, tout ce qui est transformé sur cette Terre en provient et y reste (hormis l’énergie du soleil), et si tout les phénomènes terrestres sont bien interdépendants, chacune de ces transformations modifie tout le reste du système, dans l’instant et à terme.

Nous envisageons traditionnellement ces enjeux systémiques comme trop complexes pour être totalement compris, et leur nature chaotique nous empêche toute prédiction quant à leur devenir. S’il semble en effet que nous ne serons jamais capables d’intégrer toutes les informations qui régissent l’organisation du monde, il ne paraît pas pour autant impossible d’en définir précisément le sens évolutif, et à quelles lois générales tout ce qui existe obéit.

 

Présente sur Terre depuis 3,8 milliards d’années, la vie a su optimiser l’exploitation des ressources en énergie et en matière première pour son bénéfice global, dans une solidarité qui lui a permis de s’adapter et résister jusqu’à présent à toutes les variations de son environnement.

Alors que les premiers hominidés sont apparus il y a 6 ou 7 millions d’années, Homo Sapiens (nous) n’est âgé que de 200 000 ans et n’est sédentaire que depuis 12 millénaires. Les temps humains, qui paraissent longs, ne sont qu’une fraction d’instant dans l’histoire de la Terre.

La vie dans son ensemble, par les processus de sélection naturelle, travaille à développer les meilleures compétences pour l’utilisation des ressources disponibles. Homo Sapiens, certainement au long de dizaines de milliers d’années de compétition avec d’autres hominidés, est parvenu à affiner ces compétences dont il est l’héritier, jusqu’à ne plus être soumis directement à la régulation de la vie par la vie. Affranchi du travail solidaire pour le bénéfice du vivant, l’humain parvient à s’octroyer pour lui seul les avantages qu’il est possible d’obtenir grâce à la richesse et à la très grande diversité de son environnement terrestre.

Le détournement des ressources, utilisées pour l’ensemble du vivant avant l’apparition de l’humanité et depuis par notre espèce pour son bénéfice principal, implique selon la physique (et le bon sens) la réduction progressive des capacités de la vie à assurer son propre équilibre, donc celui de l’humain à terme puisqu’il en dépend strictement.

C’est à cet écueil existentiel que le genre humain a été confronté dès son apparition : comment exploiter l’environnement en ne subissant pas les effets négatifs immédiats et délétères à long terme de cette exploitation ?

Posons alors l’hypothèse que, grâce à des capacités cognitives et à des facultés d’adaptation déjà très performantes (et présentes à l’état prototypique chez d’autres êtres vivants), l’humain a pu organiser sa relation à l’environnement en séparant géographiquement et logistiquement les lieux d’exploitation des lieux de bénéfice afin de subir le moins directement possible les effets de la déséquilibration du milieu naturel. Cette organisation géographique et logistique lui aurait permis, progressivement, de modifier ses schémas perceptifs et ses représentations : la réalité pouvait devenir clivée, il était possible aux humains de différencier en eux ce qui était profitable à leur adaptation et à l’augmentation de leur confort, en ne considérant plus la perturbation de l’environnement, rejetée, mais qui restait nécessaire à l’acquisition de ces avantages.

C’est ce mouvement adaptatif qui serait à l’origine de notre singularité. Dans la réalité, ce qui fait progresser l’humain a toujours un impact sur l’environnement ou d’autres humains. Dans notre esprit, ce que nous faisons subit une interprétation abstraite, immatérielle, désincarnée, qui nous autorise l’illusion d’être affranchis des lois de la nature.

Ne prenons qu’un seul exemple : la création de parcs naturels, de zones protégées, dont l’intention est sans doute louable. Mais si l’on observe cette organisation géographique, circonscrite, d’un point de vue global, nous comprenons différemment les bénéfices que ces îlots artificiels nous procurent : issus de la volonté des plus aisés d’entre nous, ces territoires sont à l’image de notre pensée, ils constituent une localité aux allures sympathiques dont nous extrayons les représentations les plus favorables (notre conscient) afin de les substituer aux dégâts que nos besoins auront fait alentours (représentations rejetées, camouflées dans notre inconscient). Nous obtenons ainsi l’avantage artificiel de ne pas avoir à adapter nos comportements à la réalité mondiale en réduisant notre impact écologique mais à celle, locale, que nous avons créée artificiellement et qui nous rassure quant à l’innocuité revendiquée, mais fausse, de nos actions.

La Terre est constellée d’îlots protégés entourés de territoires exsangues et d’espèces moribondes. Et ces îlots, puisque la Terre est un système, ne parviennent plus désormais à maintenir leur propre richesse ; les effets du réchauffement se font ressentir partout, ceux-ci ayant l’outrecuidance de ne pas s’arrêter aux panneaux « zone protégée ».

Cet exemple (et tant d’autres, que je ne pourrais citer ici) montre comment nous parvenons, depuis toujours, à maintenir possible notre développement malgré notre pressentiment des risques : en clivant dans le réel et ensuite dans notre esprit notre relation au monde.

La particularité des moments que nous vivons actuellement est que nous arrivons à la fin des capacités de la Terre à supporter l’éloignement logistique et géographique des lieux d’exploitation, de destruction. Le déni devient de plus en plus difficile, les interprétations erronées tiennent moins bien. Nous avons eu l’illusion de vivre dans un monde où les produits de consommation courante apparaissaient ex nihilo (ce retour étonnant de la croyance en la génération spontanée dans nos cultures prétendument si rationnelles) et nous nous retrouvons à devoir considérer un principe de réalité qui revient du refoulé avec une grande force.

 

Le questionnement sur une possible solution pour éviter l’écueil écologique et économique engage directement la question de notre capacité à modifier l’évolution des systèmes qui nous font vivre. Nous avons vu que si nous avons toujours mesuré ces capacités dans le rejet de leurs effets négatifs – leur attribuant ainsi des propriétés presque magiques – il faudra désormais tenir compte de tout ce qui définit une action, de toute sa consommation d’énergie, de toutes les ressources dont elle a besoin pour opérer, et ne pas oublier que quoi qu’elle modifie localement ou ponctuellement du monde, cela a toujours des conséquences sur l’ensemble.

Ainsi de la dynamique existentielle. Nous ne sommes pas en compétition seulement entre nous, humains, mais aussi avec les éléments et la vie, qui avancent tout autant vers l’optimisation de leur organisation.

Le contexte de crise nous oblige à considérer la réduction de notre impact négatif sur l’environnement. Nous devrions réduire nos besoins en énergie, freiner l’industrie, idéalement stopper l’extraction et la consommation des ressources non renouvelables.

Mais il ne faudra pas omettre de considérer que cette « décroissance », éminemment souhaitable, aura pour effet direct de réduire nos capacités à réguler notre propre existence face aux contraintes naturelles, extérieures à l’humanité. Comment pourrons-nous, avec moins d’énergie, maintenir fonctionnels le traitement des eaux usées, le ramassage des déchets, le pompage des eaux fluviales et maritimes (qui dans certaines villes empêche l’inondation des métros), comment pourrons-nous assurer le refroidissement des centrales nucléaires et de leurs déchets, pérenniser les services de santé, la production et la distribution de l’alimentation pour le plus grand nombre, la protection de l’humain contre les parasites, les épidémies de toutes sortes (la malaria est par exemple de retour en Grèce)… ?

Le moindre ralentissement de l’économie perturberait la dynamique du système et le rendrait aux éléments naturels, qui n’ont jamais eu besoin de l’humanité pour se porter bien. Tout lâcher prise de notre part augmenterait le risque d’emballement systémique, favorable à la restauration autonome de la nature à terme, mais immédiatement préjudiciable pour nous.

 

Que reste-t-il alors, si nos illusions ne tiennent plus et que nous ne sommes pas, malgré ce dont nous étions artificiellement persuadés jusqu’à aujourd’hui, en capacité de modifier toujours le cours de l’évolution pour notre intérêt ? La vie nous a engagés dans une voie merveilleuse mais à l’issue très sombre, sans que nous l’ayons ni vraiment envisagé à l’origine ni même souhaité… et sans nous avoir laissé les moyens de l’éviter.

 

Au regard de ces contraintes, trop brièvement résumées ici, la seule question qu’il soit encore possible de se poser n’est pas comment changer le monde, ni même pourquoi nous en sommes arrivés là. La seule question que nous pouvons encore nous poser est qui ?

Qui arrivera le mieux à maintenir un bel et performant imaginaire, alors que la réalité s’enlaidit ? Qui se protégera le mieux, matériellement, des risques systémiques ? Lesquels, parmi nous, survivront le plus longtemps ? Et à qui, finalement, reprocherons-nous notre propre immobilisme ?

Ne faisons pas mine de découvrir ces questions. Elles se lisent en filigrane dans les magazines et les émissions de télé, les films, les livres : lesquels d’entre nous sont les plus heureux, les plus moraux, les plus beaux, les plus riches, les mieux équipés, ceux qui vivront le plus longtemps ? Qui fera le mieux le commerce des illusions nécessaires au maintien de l’activité humaine, en tirera bénéfice pécuniaire et absolution morale ?

La nouveauté vient de ce que l’expansion humaine est terminée parce que la Terre est un environnement fini. Les illusions tombent mais les questions restent les mêmes… et le possible ne s’adresse plus à tout le monde.

 

Je n’ai évidemment rien contre la démocratie, les bonnes volontés ou l’humanité dans son ensemble. Je ne souhaite que le meilleur pour tous, je ne défends rien, aucun système politique, aucune morale, contre une quelconque autre opinion considérée arbitrairement et subjectivement moins bonne. Mon intention n’est que de comprendre comment le monde fonctionne, pourquoi nous avons toujours avancé vers sa destruction et pourquoi nous continuons à le faire, malgré ce que nous pensons être notre libre arbitre.

Contre mon gré et par un travail analytique à la méthodologie très rigoureuse, je suis parvenu à la conclusion qu’après les croyances animistes, notre foi en la divinité, nos illusions de liberté et nos besoins de démocratie, l’espoir (terme générique couvrant le vaste champ des interprétations arrangeantes de la réalité) peut être vu comme une forme ultime d’obscurantisme, celle, dernière, dont nous ne pouvons absolument pas nous passer tant elle nous protège efficacement. L’espoir est cet indispensable accessoire de l’esprit qui nous montre un agencement optimiste mais fantasmé de la réalité, derrière lequel se déroule l’histoire concrète de notre fin.

Le contexte de crise nous oblige aujourd’hui à retrouver le lien au-delà du clivage, à reconstituer la chaîne de causalité qui nous attache à la totalité du monde anthropotechnique et vivant, objectivement. Cette redécouverte de notre histoire, si elle ne nous sauve pas, nous fera peut-être définir ce qui est la dernière espérance possible et la mienne en tout cas : pour une réconciliation avec notre prochain et nous-mêmes, tenter d’accepter notre nature et nos problématiques communes, même si elles sont difficiles, plutôt que de nous en prétendre affranchis.

Serons-nous capables d’assumer ce que nous sommes ?

 
 

Pour aller plus loin, lire Le piège de l’existence :

 

Pourquoi ne parvenons-nous pas, malgré nos talents et nos meilleures intentions, à orienter le cours de notre évolution aussi bien que nous le souhaiterions ?

 

MOCKUPDESIGN-new

 
 

Illustration depuis Philomag :

 

L'espoir, nouvel obscurantisme - Mignerot - crises - espoir
© Dupuy & Berberian pour PhiloMag

 
 
 

24 Comments

  1. Michel Filippi
    Michel Filippi 27/08/2012

    Bonjour Vincent. On pourrait ergoter en séparant l’espérance, notion religieuse, de l’espoir, thème du vivant, de tout vivant à la condition qu’il cherche à se maintenir. Psychologiquement existe une pathologie de l’espoir. S’imaginer un actuel ou un lendemain merveilleux ne tenant pas compte disons de la face sombre de nos actes, du fait que nous sommes en proie à des événements systémiques, etc. relèvent d’une ou de plusieurs formes de cette pathologie qui affecte les individus comme les peuples.
    Nous en avons discuté, pour moi le point central est le fait que nous sommes sans défense face à des systèmes loin de l’équilibre. Cela a toujours été le cas, mais nous nous racontions des histoires pour supporter notre impuissance à les piloter, à faire avec eux sans être détruits.
    S’il existe une révolution humaine maintenant à réaliser c’est bien ce pilotage des systèmes complexes loin de l’équilibre, mettre en place une civilisation (donc des savoirs, des pratiques, des politiques, etc.) qui nous permettent de vivre avec sans les déséquiliber ou en tirant profit de leurs déséquilibres.
    Amicalement.
    Michel

  2. Vincent Mignerot
    Vincent Mignerot 27/08/2012

    Bonjour Michel,
    Comment parvenir à réaliser ce pilotage nouveau, qui saurait pérenniser nos avantages acquis tout en protégeant voire restaurant l’environnement, ce qui est contraire aux lois de la physique ?
    Amitiés.

  3. Fabrice
    Fabrice 27/08/2012

    Que mettez vous dans avantages acquis???
    d’abord je ne voit rien qui puisse être acquis, je veux dire stable, définitif et encore moins qui puisse (et qui dusse) être conservés.
    De notre démocratie qui m’apparait aussi imparfaite qu’une roue carrée, à notre confort moderne qui donne au bipède la consistance du mollusque invertébré, il n’est de meilleure joie que dans l’abandon même de ce qui semble être “le top” au bénéfice de ce qui sera. Nous sommes là effectivement dans l’espérance (et ça n’est pas ergoter que prendre le temps de redonner netteté aux mots que l’on emploi).
    Ceci étant votre question reste entière! je me permet de reformuler: qui nous redonnera l’espérance!
    …voyons voyons…pas la parole des sages, pas la raison collective, encore moins la raison d’état, pas le spectacle de la vie foisonnante qui nous entoure ( vous savez cette extase quotidienne d’alcools, de drogues, de prostitution, de misère, de klaxons, de pollution, de boulot de machine mais nous ne sommes pas des machines, de stress…)…je vois pas.

    L’espérance d’aller vers le bien (celui dont le mieux est l’ennemi) ne peut venir que de nous même, chacun individuellement. c’est pour cela qu’il faut apprendre à s’ennuyer, à rester seul, a se soustraire du brouhaha collectif. Il n’y a pas d’autre voie pour espérer avoir une pensé, une parole et une action juste… comme par exemple restaurer l’environnement…mais nous pourrions ajouter restaurer notre morale, notre dignité, nos liens d’intelligence de cœur et d’esprit… toutes ces choses qui font que nous sommes de simple mortels mais pas que.

    je voudrais juste finir le fait qu’il ne faut, à mon humble avis, pas voir de solution miracle à l’avènement du monde d’après ( vous savez ce jour ou les courbes démographiques et ressources s’entrechoqueront !). Que l’on soit deux ou des milliards, fatalement, l’unité de conscience que l’on peux former avec soi même sera de meilleurs qualité que dans la dualité.

    J’entends déjà les sirènes de l’individualisme sonner !!! c’est marrant… quoique bruyant et malheureusement stérile au bonheur.

    Bonsoir

    • Vincent Mignerot
      Vincent Mignerot 28/08/2012

      Fabrice,

      Vos propos semblent aller dans le sens des miens… chacun d’entre nous cherchera un moyen de se protéger, sans que j’aie de réponse quant à la nature de cette protection individuelle (qui passera peut-être par une forme d’aliénation collective).
      Mais d’espoir réel, il n’y en a pas, la fin est inéluctable !

      Merci pour vos commentaires.

      • Fabrice
        Fabrice 28/08/2012

        Bonjour,

         

        Je n’ai pas cherché à fournir un moyen de se protéger ni d’ailleurs
        d’en expliquer les conséquences.

        Par contre, j’ai cherché à introduire une notion qui manque,
        ou que je n’ai pas su lire, à votre analyse et que je me risque à résumer ainsi :

         

        L’espoir, ce nouvel obscurantisme, est exprimé selon une vision
        de conscience collective… et effectivement la vue des orientations prises par
        le troupeau ne présagent rien de bon.

        Cependant, vous ne pouvez pas vous limiter à ce constat car
        il ne fait qu’accélérer une fin que nous savons inéluctable (un peu comme au
        niveau individuel, nous avons conscience de notre nature mortelle et, pour
        autant, nous ne nous suicidons pas !)

        En fait, la vie a la vie chevillée au corps. De l’humain au
        microbe en passant par n’importe quelle structure qui nait, se reproduit et
        meurt. Là-dessus, on est tous d’accord il me semble.

        L’individu donc ne désespère pas. Pourquoi ?

        Je crois que l’individu (qu’on ne peut exclure de son
        environnement mais laissons cela de coté pour l’instant) sait intimement,
        viscéralement, génétiquement qu’il est mortel et cela ne lui fait pas peur. Grosso
        modo, l’individu n’a qu’un reproche a faire à Dieu sur son illustre dessein: pourquoi
        dois je souffrir, pourquoi dois je presque fatalement avoir peur de souffrir,
        pourquoi mes enfants peuvent’ ils mourir avant moi etc etc… et ainsi de suite
        car je ne vois, en conséquences de ce phénomène, qu’une suite logique d’actions
        propres au vivant (se protéger, se dominer, se faire la guerre…)

        La réponse à cette question se trouve dans la quête
        spirituelle, le chemin religieux que l’individu entame (ou n’entame pas d’ailleurs) ;
        mais c’est un autre sujet.

        Pour autant cette démarche n’est pas un moyen de protection
        individuel mais bien l’indicible volonté d’approcher de l’ultime question qui
        se pose et qui s’oppose à nos sens et à notre raison, l’expression du paradoxe suprême :
        pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien !

        Après que la race humaine soit perdue… c’est très secondaire…en
        tout cas pour la Vie.

        Hauts les cœurs, courage et dignité ! Il y a beaucoup
        trop de combats à mener pour se contenter de laisser croupir ce liquide encore
        trop saumâtre qu’on appel société.

         

        Bien à vous.
         

      • Vincent Mignerot
        Vincent Mignerot 29/08/2012

        « L’espoir,
        ce nouvel obscurantisme, est exprimé selon une vision

        de
        conscience collective… et effectivement la vue des orientations prises par

        le troupeau
        ne présagent rien de bon. »

        Je remets en
        cause dans mon travail la possibilité de considérer les comportements
        individuels comme potentiellement indépendants de ceux de l’ensemble. Ce que
        nous sommes et pouvons faire est défini et régulé selon moi par les lois de
        diversification, distribution et dichotomie à l’axe (voir ESRTV chapitres 4.4
        et 4.5et différents articles du site).

         

        « Cependant,
        vous ne pouvez pas vous limiter à ce constat car

        il ne fait
        qu’accélérer une fin que nous savons inéluctable »

        Je crains
        justement, et c’est là peut-être l’originalité de mon propos, que ce soit
        l’espoir qui soit le catalyseur des comportements humains destructeurs. Sans
        lui nous nous retrouverions sans doute en situation de « saisissement stuporal
        », bloquant notre action puisque nous ne pourrions plus la dissocier de notre
        fin.

         

        « Pourquoi
        y a-t-il quelque chose plutôt que rien ! »

        Pour cette question, je vous renvoie aussi à d’autres
        articles de ce site et au texte ESRTV lui-même : il y aurait quelque chose
        plutôt que rien car… la solitude est impossible !

  4. Fabrice
    Fabrice 29/08/2012

    je partage sincèrement l’ensemble de vos propos et ne
    cherche en aucun cas à prouver « …que l’humanité, de siècle en siècle, ne
    poursuit pas un progrès indéfini…. »

    Je veux juste rappeler que même la Tragèdie Nietschéenne,
    trouve son salut dans l’esthétisme et dans cette petite touche de je ne sais
    quoi qui rend certains individus si uniques !

    Mon seul espoir réside dans le fait que ce gai savoir puisse
    être enseigné comprit et donc vécu dans sa chair par l’ensemble du groupe…et
    pour tout dire, je ne suis pas inquiet ! Ça viendra. Personne pas même l’homme
    ne fera rentrer 2 litres
    dans 1…sous la même forme s’entend !

    A bientôt sur d’autres post j’éspère

     

    • Vincent Mignerot
      Vincent Mignerot 31/08/2012

      Entendez-vous par là, comme A. Malraux, que “le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas ?”
      Le contexte de cette phrase n’est certainement pas le même que celui d’aujourd’hui mais le sens reste intéressant : nous dépasserons peut-être la difficile réalité par ce que notre esprit pourra nous fournir d’échappatoire…

      Bien à vous.

      • Fabrice
        Fabrice 01/09/2012

         c’est exactement ça, ! le XXI sera spirituel ou ne sera pas.
        Mais pas que spirituel bien sur puisque nous ne somme pas que des esprits! (notez la subtilité extra sensorielle dont je suis encore capable de faire preuve ce matin. bon ok j’arrête)
        Quoi d’autre alors pour alimenter l’Espérance d’un jour plus équilibré?
        Une ribambelles de bonnes choses, allez j’énumère un peu parce qu’avec tout ça on s’est quand même franchement annihilé l’imagination:
        – Construire une démocratie véritable et non une oligarchie (financière ou totalitaire)… les moyens équilibrés: le tirage au sort
        – Construire une agriculture qui, me semble t’il, doit pouvoir nourri 9M de bonzhommes sans qu’il n’y ai aucun intrants chimique, aucun engrais issus indirectement de la ressource focile… que dalle. Les moyens équilibrés: demander à la nature comment elle nous nourrit depuis des milliers d’années… c’est facile, faut juste réapprendre à se baisser.
        – Construire une économie à vitesse locale et ne préserver de mondial que le transit de l’information et la recherche. Les moyens équilibrés: des milliers de monnaies locales et une monnaie mondiale affectée prioritairement, voir presque uniquement à développer ce qui fait la singularité de notre espèce; la transmition du savoir. Attention principe de base: les monnaies locales s’échangent mais ne s’achètent pas. les taux d’intérêt, l’usure ont disparu.
        – Construire un enseignement dont les fondements sont respecte toi au moins autant que la terre qui t’a fait naitre te respecte.
        En bref, construire une société de gens qui se connaissent et qui ont grande joie et grande force à vivre leur vie ensemble en aimant à construire ce qui est beau. Effectivement, c’est une intelligence collective et pacifiée…spirituel convient.
        et si, ma foi, de temps en temps, deux grands mâles rugissants se foutent sur la gueule sous les piaillement de donzelles étourdies… on aura quand même passé une sacrée bonne journée.
        cheers

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  12. […] Nous nous interrogeons sur le fait que, malgré nos talents et nos meilleures intentions, nous ne parvenions pas à modifier le cours, bientôt fatal, de notre évolution. Nous pouvons comprendre désormais que c’est parce que nous parvenons bien à occulter la réalité des contraintes de l’existence, que nous nions parfaitement qu’il n’est pas d’avantage acquis par l’humain qui n’ait de conséquence néfaste. Et si les discours écologiques ont des résultats opposés à leurs intentions c’est qu’ils sont justement utiles au maintien de l’espoir, qui n’est finalement que “cet indispensable accessoire de l’esprit qui nous montre un agencement optimiste mais fantasmé de la réalité, derrière lequel se déroule l’histoire concrète de notre fin” (Lire : L’espoir, ce nouvel obscurantisme). […]

  13. Nikopol
    Nikopol 07/06/2015

    http://sauvonsleclimat.org/climat-oser-le-nucleaire/35-fparticles/1705-climat-oser-le-nucleaire-.html

    L’espoir fait perdre du temps. L’action libère.
    Les solutions existent deja et son financeables.
    Exemple l’énergie qui peut etre decarbonée d’ici 2050 en France, 2100 dans le monde. A la seule condition de voir la realité en face : la chaleur renouvelable est la priorité renouvelanle. Et que l’electronucleaire peut decarboner l’electricité dans les pays non doté de mane naturelle hors du commun. L’Uranium étant recyclable à 99% au lieu de 0,7% , le probleme de l’enerrgie est potentiellement resolu.
    Les philosophe devraient davantage frequenter les physiciens 😉
    Certaines craintes sont peu conscientes des echelles en jeu.

  14. […] – L'avenir de l'humanité : la paix absolue – Dichotomie à l'axe : l'illusion de la liberté – L'espoir, ce nouvel obscurantisme ? – Méthodologie du bilan carbone – Commentaires et critiques – Foire Aux […]

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