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Le bilan carbone de l’argent…

 

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Contrairement à une idée reçue, vos dépôts et vos placements ne restent pas dans un coffre de votre banque, ils financent, parfois à votre insu, des activités économiques (entreprises, Etats, crédits immobiliers, etc.) qui émettent des gaz à effet de serre et ont un impact sur le réchauffement de la planète. À l’échelle mondiale, les financements doivent rapidement être réorientés des activités industrielles les plus polluantes vers celles de l’économie verte si l’on veut éviter l’emballement du changement climatique. En tant qu’épargnant, vous pouvez jouer un rôle dans cette nécessaire évolution. Ce calculateur permet de mesurer votre impact sur le climat et d’améliorer vos choix financiers pour épargner… en épargnant la planète.

Extrait du site epargneclimat.com

 

Mais est-il seulement possible de verdir son argent ?

Il paraît plus exact de considérer que ce soit l’argent qu’on ne gagne pas qui n’émette pas de dioxyde de carbone, de la même façon qu’une voiture qui ne pollue pas est une voiture qu’on ne construit pas. Quelle que soit la façon dont il est utilisé par la suite, l’essentiel des « émissions carbone » de l’argent que nous gagnons auront été faites en amont, par tout le système capitaliste et financier (et forcément industriel…) dont ce gain dépend strictement. En continuant la comparaison avec la voiture électrique (ou avec n’importe quelle voiture émettant moins de CO2 que les modèles qui l’ont précédée), tenter de changer l’utilisation qu’on a de son argent après l’avoir gagné est aussi peu efficace contre les émissions de CO2 que de conduire une voiture dite écologique : l’apparition de banques ou de systèmes d’épargne plus verts vient de toute façon ajouter une part d’émission de CO2, même si elle est comparativement moins grande, et la totalité des émissions ne baisse pas globalement car le marché ne réduit pas son volume (marché financier ou automobile) pour les raisons suivantes : les « consommateurs verts », qui ont les moyens de changer leurs habitudes sont parmi les plus riches et font donc partie de ceux qui polluent globalement le plus, il a été allègrement montré par ailleurs que ces changements d’habitudes de consommation s’accompagnent d’un effet rebond qui contrebalance largement les supposés bénéfices. En outre, les banques vertes et les voitures écolo sont soumises aussi à l’inévitable compétition existentielle, qui motive ceux qui dépendent de ces options aux ambitions écologiquement salvatrices, pour continuer à exister, à maintenir viables les marchés qu’elles ouvrent : pour avoir un comportement écolo il faut qu’il y ait une économie sale contre laquelle il faille lutter, ainsi les voitures électriques sont construites par les mêmes que ceux qui font les véhicules thermiques, et les banques vertes seraient bien peinées que le polluant capitalisme ne soit plus suffisamment puissant pour qu’une partie congrue de la population ait besoin de s’acheter une bonne conscience en se précipitant vers les options les plus glorifiantes de greenwashing. Une banque verte dépend de banques moins vertes.

La décarbonation des sociétés procède d’une croyance, de même nature que les croyances religieuses : c’est une histoire que nous nous racontons pour supporter mieux la réalité. Mais à la différence de Dieu, dont il est délicat (mais à mon sens pas impossible) de prouver l’inexistence, il est – malheureusement – très facile de montrer que la décarbonation ne fonctionne pas : les courbes d’augmentation du CO2 dans l’atmosphère n’ont pas fléchi le moins du monde depuis que « l’économie verte » est apparue…. parce que derrière nos croyances il y a une vérité simple : aucune activité humaine ne peut être neutre en émission de carbone, le niveau de vie d’un individu ou d’une société est strictement indexé à ses émissions de CO2 (parce qu’il est indexé à sa consommation d’énergie), ce dont il découle que lorsqu’on se donne l’impression de bien faire sans modifier son niveau de vie global, on ne change rien du tout. La seule solution serait, en effet, que nous réduisions volontairement chacun (tous !) nos revenus, que nous abandonnions notre sécurité sociale et nos assurances, que nous ne nous déplacions plus qu’à pied… à noter par ailleurs que même cela (qui est déjà largement utopique) ne réparerait pas les dégâts déjà commis, parce qu’il est impossible de revenir en arrière (entropie, principe de non réversibilité).

Je déplore bien sûr ce constat, je ne suis pas ravi que nous soyons incapables de nous sortir de la difficulté mais pour ma part j’essaie, par honnêteté, de ne pas me soumettre à ce penchant naturel et parfaitement humain : dissimuler ce que je suis réellement par des croyances, certes potentiellement efficaces pour supporter mon impuissance à changer le monde, mais qui m’obligeraient à me mentir sur la réalité de mon impact écologique. Au fond, c’est le mensonge que nous nous faisons tous sur notre nature (l’humanité est strictement incompatible avec le maintien de l’équilibre écologique vital), qui nous fait avancer vers notre propre autodestruction.

 

Pour en lire plus sur une méthodologie du bilan carbone compatible avec l’état du monde constaté, lire cet article.
 
 
 

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