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Mois : mars 2015

L’Univers n’existe pas, il passe

 

 L'Univers passe

 
 
 

Notre Univers est-il ouvert ou fermé ?

La cosmologie ne se fourvoie-t-elle pas en tentant de répondre à cette question obsessionnelle ?

Christian Magnan, Collège de France

 
 

Une question taraude les astrophysiciens : l’Univers est-il un système ouvert ou un système fermé ? Dit autrement : d’où provient l’énergie qui alimente son évolution, son expansion ? Provient-elle de son intérieur, par une forme d’« énergie sombre », ou est-il « ouvert » sur quelque chose, à définir, qui l’alimenterait et l’empêcherait de se trouver dans un état dit de stabilité thermodynamique ? Si, comme le montrent certaines des dernières recherches à ce sujet l’avancée générale des structures qui constituent l’Univers tend vers la maximisation de la dissipation de l’énergie (MEP : Maximum Entropy Production), d’où provient cette énergie ?

Il faut résoudre le paradoxe d’un Univers qui doit à la fois être toute chose (un système fermé) et pour autant trouver ressource suffisante à maintenir le déséquilibre thermodynamique qui permet sa complexification progressive.

Et si, au lieu de puiser ses ressources en quelque lieu interne ou externe providentiel, l’Univers les puisait à… hier ?

Il faut réformer nos préconçus. Nous pensons en trois dimensions, et nous pensons en temporalité. Mais rien ne dit que l’Univers soit intrinsèquement une structure tridimensionnelle à l’intérieur de laquelle s’écoulerait le temps. Au contraire, tout ce que nous pouvons observer de l’Univers pourrait n’avoir aucune dimension, et ne générer de l’observable que parce que les dimensions apparaîtraient au fur et à mesure du passage du temps.

La source même de l’énergie qui donne forme à tout ce qui fait monde pourrait n’être que l’écoulement du temps, et rien n’aurait d’existence en-dehors de cet écoulement. La provenance du réel et de son agencement ne serait que le précédent de l’instant au profit de l’instant toujours en train de se faire.

Nous avons peut-être trouvé l’ouverture, l’extérieur de l’Univers. Cette altérité à la totalité de ce qui peut être ne serait que cette même totalité qui se consommerait elle-même pour assurer sa propre pérennité.

Cela ne serait pas sans conséquence. Si tout prend forme à partir de la consommation de tout instant précédent la forme, cela signifie que tout instant précédent… disparaît définitivement ! Il n’y aurait pas alors d’hier physique, nulle part dans l’Univers. Tout ce qui aurait eu lieu serait annihilé à chaque instant, au profit de la continuation de la totalité.

Voilà ce que nous pouvons envisager du réel et qui pourrait répondre à la question de l’ouverture : l’Univers n’aurait aucune existence d’aucune sorte dans aucune dimension en-dehors de celles que génèrerait l’instant.

Hier n’existerait plus du tout. Demain n’existerait pas encore.

Tout ne serait que perpétuel glissement.

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Maximum Entropy Production – 3e loi thermodynamique

 

La physique aujourd’hui se questionne sur la possibilité d’une loi générale qui orienterait l’organisation de toute chose, qui donnerait un sens à l’évolution de l’Univers.

La “troisième loi de la thermodynamique” ou MEP (Maximum Entropy Production) pourrait être cette loi, et elle exprime que les structures physiques suivent la nécessité de toujours dissiper un maximum d’énergie par unité de masse.

 

“L’astrophysicien américain Eric Chaisson a montré en 2001 qu’au fil de l’histoire de l’univers sont apparues des structures capables de dissiper l’énergie toujours plus efficacement, en rapportant leur production d’énergie libre à leur masse :

Source François Roddier - Thermodynamique de l'évolution
Source François Roddier – Thermodynamique de l’évolution
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Interview pour Radio Pluriel, Essai Sur la Raison de Tout

Radio Pluriel

 

Interview du 9 juin 2008 pour la sortie de la première version de l’Essai Sur la Raison de Tout, par Michèle Jacquier

 

“Il y a du vertige, de l’apesanteur.”

 

À propos de l’environnement :

“C’est la question d’aujourd’hui et de demain, la première question qu’il faut se poser. Elle est fondamentale dans ce livre.”

 

“Il n’est pas de plus grande harmonie que celle de l’Univers, il n’est pas de plus beau tableau que celui offert à nos sens par la nature. Si l’humanité rend l’harmonie fébrile et salit le tableau, je rêve que ma contribution à notre évolution soit d’annoncer la possible restauration du plus simple et du plus bel équilibre.”

 

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