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Georges Pompidou, discours sur l’écologie, 1970

 

Le rythme de l’évolution actuel crée en effet à l’homme de la fin du 20ème siècle des problèmes inattendus. Comme pris de court par les transformations de son milieu dont il est pourtant directement responsable il se demande s’il est encore capable de maîtriser les découvertes scientifiques et technologiques dont il attendait le bonheur. Tel l’apprenti sorcier, ne risque-t-il pas finalement de périr par les forces qu’il a déchaînées ?

L’emprise de l’homme sur la nature est devenue telle qu’elle comporte le risque de destruction de la nature elle-même. Il est frappant de constater qu’au moment où s’accumulent et se diffusent de plus en plus les biens dits de consommation ce sont les biens élémentaires les plus nécessaires à la vie, comme l’air et comme l’eau, qui commencent à faire défaut. La nature nous apparaît de moins en moins comme la puissance redoutable que l’homme du début de ce siècle s’acharnait encore à maîtriser, mais comme un cadre précieux et fragile qu’il importe de protéger pour que la Terre demeure habitable à l’homme.

C’est en grande partie la conséquence d’un développement urbain qui a atteint des proportions alarmantes et qui préoccupe tous les responsables, vous y êtes à Chicago particulièrement attentifs. Dans l’entassement de ces grandes agglomérations, l’homme se voit accablé de servitude et de contraintes de tous ordres qui vont bien au-delà des avantages que lui apportent l’élévation du niveau de vie et les moyens individuels ou collectifs mis à sa disposition. Il est paradoxal de constater que le développement de l’automobile par exemple, dont chacun attendait la liberté de ses mouvements se traduit en fin de compte par la paralysie de la circulation. Le temps n’est pas loin où la marche à pied apparaîtra comme le mode de transport le plus sûr et le plus rapide dans nos grandes cités, à condition qu’on y garde des trottoirs. Il y a là matière à étude et à réforme pour les dirigeants des états comme pour les responsables de grandes villes.

 

Georges Pompidou, président de la République française

Voyage officiel aux Etats-Unis, Chicago, 28 février 1970

 

Source : France Culture, Grande traversée, L’invention du climat, prise de conscience – 25 août 2015, 32ème minute

 

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