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Réchauffement : le seuil des 2 degrés, déjà ? | Agence Science-Presse

 

(Agence Science-Presse) Cette limite des deux degrés à ne pas dépasser? Ça y est, cet hiver, nous l’aurions brièvement atteinte pour la première fois de l’histoire, dans l’hémisphère nord.

 

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Rappel :

TOUTES les politiques contemporaines de protection de l’environnement et en particulier du climat auraient dû exister ET réussir dès les années 1970 – 1980 (lire COP21 : espérer le changement, pour ne rien changer).

Aujourd’hui, le risque que l’inertie climatique nous propulse à elle seule au-delà de ce que pourra supporter la biosphère pour que la vie et l’humanité n’en souffrent pas gravement est immense, et nous voyons le processus se dérouler sous nos yeux (lire 2 degrés de réchauffement, c’est trop ! GIEC, ONU, Mai 2015).

L’estimation moyenne de l’inertie climatique est de 40 ans, pour la seule température c’est-à-dire sans compter les modifications des flux atmosphériques et océaniques, qui s’étendent sur plusieurs centaines d’années supplémentaires (lire Inertie climatique : 40 ans entre la cause et l’effet). 20 ans d’inertie, comme indiqué dans l’article de l’Agence Science Presse est la fourchette basse, qui monte jusqu’à 50 ans selon les études trouvées sur la question.

Nous découvrons en 2016 des dérèglements du climat qui trouvent leur source dans les années 1970 et notre éventuel impact modérateur sur ce réchauffement et ses effets n’arrivera qu’après les années 2050. Pour une inertie de 40 ans, notre décalage psychologique et émotionnel sur la réalité est de 80 ans.

 
 

Article Agence Science Presse :

 

Agence Science Presse

 

Cette limite des deux degrés à ne pas dépasser? Ça y est, cet hiver, nous l’aurions brièvement atteinte pour la première fois de l’histoire, dans l’hémisphère nord.

Ce seuil des deux degrés a toujours été défini —arbitrairement— comme le seuil au-delà duquel les conséquences pour les systèmes climatiques vont devenir imprévisibles. Avec des conséquences tout aussi imprévisibles sur l’agriculture, les villes côtières, les tempêtes sur des régions habitées, la santé des populations victimes de canicules ou de sécheresses, et ainsi de suite. La Terre n’a jamais atteint une telle température moyenne depuis les débuts de notre civilisation, il y a 6000 ans.

D’où provient ce total de deux degrés d’augmentation par rapport à l’ère pré-industrielle? En février, indiquent les données des satellites, la température moyenne de l’hémisphère nord a battu de nouveaux records, vraisemblablement entre 1,15 et 1,4 degré Celsius au-dessus de la moyenne à long terme. Un record qui a battu lui-même de 0,2 degré le record de janvier, qui était lui-même un record absolu depuis que de telles températures sont enregistrées. En ajoutant à cela le fait que la température moyenne de notre planète a officiellement dépassé en 2015 le seuil du premier degré Celsius par rapport à l’ère pré-industrielle, nous commençons donc à jouer avec le deuxième degré —beaucoup plus tôt que ce qui avait été prévu.

Même en tenant compte du fait que c’est un jeu temporaire parce qu’il s’agit d’un hiver El Nino —donc, une température moyenne plus élevée de 0,1 ou 0,2 degré— et que les données de février sont encore préliminaires, et même en supposant qu’il puisse s’agir d’une année anormale, la vitesse à laquelle ces changements s’additionnent n’en est pas moins inquiétante, écrit le météorologue Eric Holthaus dans Slate et dans le New Scientist :

 

Cela signifie aussi que pour plusieurs régions de l’hémisphère nord, il n’y a pour ainsi dire pas eu d’hiver. Des parties de l’Arctique étaient de 16 degrés plus chaudes que la moyenne en février, les amenant à quelques degrés au-dessus du point de congélation, soit la normale de juin.

 

En fait, le scénario du pire serait qu’on soit en train d’assister à la libération du trop-plein de chaleur accumulé dans les océans depuis deux décennies: autrement dit, le réchauffement climatique nous aurait offert un répit, les océans agissant comme des puits de chaleur. Une hypothèse qui a souvent été soulevée par des océanographes et des climatologues, chaque fois accompagnée d’une question qui n’a pas encore de réponse : combien de temps ce répit va-t-il pouvoir durer?

 
 
 

4 Comments

  1. ROCCO Jean Claude
    ROCCO Jean Claude 10/03/2016

    On a déjà perdu trente ans à lutter contre les climato-sceptiques.
    Les Etats qui vivent de la rente de leurs ressources énergétiques fossiles ne se résoudront jamais à perdre cette manne et continueront à freiner toutes les réformes qui s’imposent.
    La température va continuer à monter et les dégâts vont rapidement désorganiser l’ensemble de la société bien avant que la transition énergétique, qui a un inertie de 30 ans, soit réalisée!

    • Vincent MIGNEROT
      Vincent MIGNEROT 10/03/2016

      Merci pour votre commentaire, je ne peux malheureusement qu’être d’accord avec vous…

    • Croaaaar
      Croaaaar 14/03/2016

      Demandez à un ivrogne de ne pas terminer sa bouteille sans réaction violente… on comprendra aisément la façon dont vont réagir “nos” sociétés ivres d’énergie et de puissance avec cette croyance que cela remettra tout comme avant notre passage.

      Pour les océans, le blanchissement des coraux atteint de sommets, il faudrait imaginer la quantité de chaleur absorbée (en surface) en plus pour en arriver à ce résultat, les conflits au moyen/proche orient commencent à peine à prendre le caractère de guerre climatique en raison des déficit hydriques constatés depuis plusieurs années…

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