Press "Enter" to skip to content

“Écrire des lettres, c’est se mettre nu devant les fantômes” – Franz Kafka

Kafka_portrait

Prague, début avril 1922, lettre à Madame Milena

Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. C’est grâce à cette copieuse nourriture qu’ils se multiplient si fabuleusement. L’humanité le sent et lutte contre le péril ; elle a cherché à éliminer le plus qu’elle le pouvait le fantomatique entre les hommes, elle a cherché à obtenir entre eux des relations naturelles, à restaurer la paix des âmes en inventant le chemin de fer, l’auto, l’aéroplane ; mais cela ne sert plus de rien (ces inventions ont été faites une fois la chute déclenchée) ; l’adversaire est tellement plus calme, tellement plus fort ; après la poste, il a inventé le télégraphe sans fil. Les esprits ne mourront pas de faim, mais nous, nous périrons.

 

Intégralité du texte depuis le site “Œuvres ouvertes”

Traduction d’Alexandre Vialatte

Première mise en ligne le 29 février 2012

© Franz Kafka _ 23 novembre 2013

 
 
 

Be First to Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Translate »