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Catégorie : Ecologie

L’aube de l’Anthropocène – Jean-Jacques Hublin – Collège de France

« Ce que je voudrais vous montrer aujourd’hui c’est qu’en fait, cette influence de l’homme sur l’environnement, ça n’est pas quelque chose qui a commencé avec l’ère industrielle, mais c’est quelque chose qui s’enracine beaucoup plus loin dans le passé… même si nous avons commencé doucement, nous avons commencé il y a longtemps. »

Jean-Jacques Hublin

Professeur, Directeur, Max Planck Institut for Evolutionary Anthropology

13 décembre 2016 17:00 18:00 Cours Amphithéâtre Marguerite de Navarre – Marcelin Berthelot

Jean-Jacques Hublin présente également, en fin d’exposé, l’hypothèse des chercheurs William F. Ruddiman et Logan Mitchell, qui proposent de penser que la déforestation, l’irrigation et l’élevage, qui génèrent des émissions de CO2 et de méthane, pourraient avoir très tôt influencé le climat, par effet de serre d’origine anthropique, au point que l’activité humaine aurait pu participer à la stabilité climatique singulière de ces dernières 10 000 années (holocène). Hypothèse Ruddiman, études intégrés ci-dessous.

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Théorie écologique de l’esprit et évolution : un cerveau soumis à la quête de complexité

 

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Illustration depuis le site sciencealert.com – Crédit Jose Luis Calvo/Shutterstock.com

 
 

La tentative d’élaboration d’une “théorie écologique de l’esprit” menée dans les études et ouvrages que je propose envisage que l’humanité et ses capacités singulières ne soient que le résultat d’un processus évolutif général qui obligerait tous les systèmes d’objets à générer toujours un maximum de complexité en fonction de leur capacité à générer de la complexité. Dans le vivant, la sélection s’opérerait en fonction de ce critère et l’évolution serait l’augmentation globale de la complexité des interactions entre tous les êtres vivants, par élimination successive des individus et populations moins performants dans le maintien de la complexité maximale, en fonction des conditions et de leurs propres capacités à générer de la complexité (des relations complexes, voir ci-dessous quelques extraits de l’Essai Sur la Raison de Tout).

L’équipe constituée par le chercheur R. Guevara Erra (CNRS) a élaboré un protocole expérimental afin de tester l’hypothèse que les fonctions les plus élaborées de l’esprit seraient aussi celles qui généreraient le plus de complexité, celles qui optimiseraient le mieux le traitement de l’information (la question du libre arbitre devant alors être traitée en fonction de cette contrainte). La recherche est encore balbutiante sur ces hypothèses et les protocoles sans aucun doute à améliorer. Le potentiel heuristique de tels travaux semble pour autant très grand, ils pourraient participer à la confirmation que l’élaboration d’une théorie écologique de l’esprit pertinente est possible, capable en particulier d’expliquer en quoi nos capacités singulières d’interaction avec notre milieu ont autant d’impact sur l’environnement (très forte consommation de ressources et d’énergie indispensables au fonctionnement des sociétés humaines). L’hypothèse de la dissipation maximale de l’énergie (dite aussi MEP pour Maximum Entropy Production, lire François Roddier) montre déjà certaines qualités : elle est simple, d’aucuns diraient même élégante et, surtout, elle est vérifiable et semble correspondre aux évènements, tels qu’ils ont eu lieu et se déroulent chaque jour.

 

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L’art d’après – Colloque Crane Lab – Juin 2015

 

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Texte publié à l’issue du colloque « l’Acte artistique – prosommation et Big Data », qui a eu lieu le vendredi 5 juin 2015 au CRANE Lab, Château de Chevigny – 21140 Millery.

 
 

L’art d’après

L’acte artistique, espérant la sublimation de l’acte banal, est avant tout transformatif, banalement. Et si l’acte en général peine à nous révéler sa signification, ne nous informant que de ce que nous investissons en lui sans rien révéler du but ultime, l’acte artistique tient quant à lui, dans une entreprise toujours en cours et toujours impossible, à mettre en sens l’action de transformation, sinon dans une narration en tout cas dans une esthétique. Condamné, par nécessaire ignorance première, à questionner sa relation au monde, dont l’éprouvé variable vient constamment aiguillonner son interprétation, l’humain ne peut accepter sa condition que dans la mesure où la vérité de celle-ci continue de lui échapper. L’art abouti risquerait l’impasse, l’aporie stérile d’avoir atteint l’harmonie quand celle-ci ne se perçoit que par contraste avec l’imperfection, se dissolvant et disparaissant nécessairement dans la totalité si elle devait être atteinte.

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Marguerite Yourcenar sur la destruction de l’équilibre écologique vital, 1981

En 1981 Marguerite Yourcenar fait un constat d’une exhaustivité et d’une clairvoyance que les experts contemporains de l’écologie ne parviennent que rarement à égaler.

En moins de 30 minutes elle évoque l’impossible évasion interstellaire, les forêts américaines détruites avant le début du 20ème siècle, la Grèce antique au climat perturbé par l’humain, les effondrements de civilisation par excès de conquêtes territoriales, l’histoire de la chimie liée à des intérêts militaires (napalm)…

Marguerite Yourcenar (source Wikipedia), née Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour le 8 juin 1903 à Bruxelles et morte le 17 décembre 1987 à Bar Harbor, dans l’État du Maine (États-Unis), est une femme de lettres française naturalisée américaine en 1947, auteur de romans et de nouvelles « humanistes », ainsi que de récits autobiographiques. Elle fut aussi poétesse, traductrice, essayiste et critique littéraire.
Elle fut la première femme élue à l’Académie française, le 6 mars 1980, grâce au soutien actif de Jean d’Ormesson, qui prononça le discours de sa réception, le 22 janvier 1981.


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L’ennui favoriserait les opinions politiques extrêmes

 

 

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The Adrastia organisation : “We are on the verge of an unprecedented global environmental switch”

 

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The Adrastia organisation works on the overcoming of humanity’s climax. Facing this unavoidable decline, Adrastia intends to provide scientific and social information and thinking, about the big economical and environmental issues, « to better anticipate the systemic degradation of our environment ».

We interviewed its president Vincent Mignerot, about the illusion of an eternal  development, and the forthcoming collapse.

 

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In french : Le Comptoir

Translation : Yves Bodson, Leïla Riguet

 
 

Le Comptoir :

On the beginning of your manifesto, you said, I quote : “the peak of availability, of all the resources necessary to our survival, has been crossed”. Could you briefly expose the arguments underlying this observation ?

Vincent Mignerot :

Until the eighteenth century, humanity evolved filling its needs by the exploitation, almost exclusively of  raw materials, and energetic resources – animal, vegetable, mineral, hydraulic, and wind – available on earth. However, the growth of utilisation of coal and oil pushed us to dig deeper in the ground to fulfil our needs. We moved from a bi-dimensional interaction with environment, to a three-dimensional one.

But the act of digging, to extract the resources is subject to physical constraints that we can summarize like this : “the more we dig, the harder it will be to continue to dig”. The extraction of everything that allows a good functioning of our economy, from hydrocarbons to metals, is leading to a bottleneck : the cost of research for energy and raw materials is everyday higher, because the strains made are higher everyday. Experts call it Energy Returned On Energy Invested (EROEI) or Energy Return On Investment (EROI).

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Quand les machines à vapeur étaient… solaires ! – Philippe Gauthier

Philippe Gauthier | 5 juin 2016

Publication originale sur le site VOIR

 

Bien qu’on associe généralement le XIXe siècle au charbon, cette source d’énergie n’est imposée que tardivement, pour atteindre son sommet vers 1900. En réalité, rappelle François Jarrige, maître de conférence en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne, l’époque victorienne a été marquée par une intense course aux nouvelles énergies, longtemps dominée par la traction animale, le vent et même… le soleil. L’idée persistante de « l’énergie illimitée du soleil » apparaît en effet dès 1870!

Je n’ai pas l’intention ici de résumer toute la conférence prononcée au début de mai par l’historien (voir les sources plus bas pour le lien), seulement d’en dégager quelques idées fortes avant de revenir sur cette histoire oubliée d’énergie solaire au XIXe siècle. Selon François Jarrige, il importe de réécrire l’histoire énergétique du XIXe siècle. La victoire du charbon n’était pas inéluctable et, dans les faits, elle a affronté de nombreux obstacles. Le XXIe siècle est en train de renouer avec cette inventivité en matière d’énergie.

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Perfectionnement des sources existantes

Au début du XIXe siècle, les machines à vapeur demeurent des curiosités et le charbon, lourd et difficile à transporter, reste peu disponible. La ville de Manchester, en Angleterre, est longtemps le centre et la principale démonstration des possibilités de la vapeur. Dans les régions moins bien pourvues en charbon, on exploite de plus en plus rationnellement la traction animale, le vent et l’eau.

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Franck Capra, 1958 : le réchauffement climatique est un risque

En 1958 Franck Capra réalise un film pédagogique tout public sur le fonctionnement de la biosphère, en particulier du climat. Il fait un état des lieux sur les connaissances scientifiques de l’époque concernant la circulation des vents, l’origine des orages, des cyclones, le cycle de l’eau…

Le film se termine en posant cette question qui nous inquiète aujourd’hui et dont la réponse ne fait plus mystère : l’humanité est-elle capable de perturber le climat par son action ?

Les estimations sur la montée des eaux sont sans doute excessives (en tout cas pour des échéances de l’ordre du siècle), nous pourrons ne pas adhérer au discours théologique ou à la naïveté de la conclusion (que les hommes aient été créés pour trouver l’harmonie entre eux et avec la nature), mais l’annonce du réchauffement climatique est là et parfaitement claire.

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Réchauffement : le seuil des 2 degrés, déjà ? | Agence Science-Presse

 

(Agence Science-Presse) Cette limite des deux degrés à ne pas dépasser? Ça y est, cet hiver, nous l’aurions brièvement atteinte pour la première fois de l’histoire, dans l’hémisphère nord.

 

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Rappel :

TOUTES les politiques contemporaines de protection de l’environnement et en particulier du climat auraient dû exister ET réussir dès les années 1970 – 1980 (lire COP21 : espérer le changement, pour ne rien changer).

Aujourd’hui, le risque que l’inertie climatique nous propulse à elle seule au-delà de ce que pourra supporter la biosphère pour que la vie et l’humanité n’en souffrent pas gravement est immense, et nous voyons le processus se dérouler sous nos yeux (lire 2 degrés de réchauffement, c’est trop ! GIEC, ONU, Mai 2015).

L’estimation moyenne de l’inertie climatique est de 40 ans, pour la seule température c’est-à-dire sans compter les modifications des flux atmosphériques et océaniques, qui s’étendent sur plusieurs centaines d’années supplémentaires (lire Inertie climatique : 40 ans entre la cause et l’effet). 20 ans d’inertie, comme indiqué dans l’article de l’Agence Science Presse est la fourchette basse, qui monte jusqu’à 50 ans selon les études trouvées sur la question.

Nous découvrons en 2016 des dérèglements du climat qui trouvent leur source dans les années 1970 et notre éventuel impact modérateur sur ce réchauffement et ses effets n’arrivera qu’après les années 2050. Pour une inertie de 40 ans, notre décalage psychologique et émotionnel sur la réalité est de 80 ans.

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The ecological singularity

 

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The technological singularity, chronological scale by Ray Kurzveil

 

The technological singularity is a concept which came into being in the mid-20th century. Before considering what the technological singularity implies, let us take a look at what a ‘singularity’ is. According to Murray Shanahan, « In physics, a singularity is a point in space or time, such as the center of a black hole or the instant of the Big Bang, where mathematics breaks down and our capacity for comprehension along with it. » (1) A technological singularity corresponds to the time when ordinary humans will be overtaken by artificially intelligent machines and/or cognitively enhanced biological intelligence. It will be the advent of artificial general intelligence (also known as strong AI). Such a singularity in human history will have far-reaching consequences so much so that «our understanding of what it means to be human – to be an individual, to be alive, to be conscious, to be part of the social order – all this would be thrown into question, not by detached philosophical reflection, but through force of circumstances, real and present. » (2). Transhumanists who believe humans can transcend their biological limitations through the use of technology are optimistic about a future with artificial intelligence while others see the advent of the technological singularity as a degrading life form and enslavement.

When the advent of the singularity occurs is still the subject of much speculation (as is the concept of singularity itself). Based on Moore’s law and the law of accelerating returns, some people like Ray Kurzveil think it might occur around 2045.  However, what seems more scientifically probable and accepted is the idea that the technological singularity will coincide with the decline of humanity due to depleting resources, pollution and the global destruction of the ecosystem.

For the time being we shall focus on how the timescale for the technological singularity somehow overlaps the scenarios put forth by the Club of Rome concerning the future of humanity. The idea that technology might bring about dramatic changes in the way we adapt to the world shares common ground with another reality.

 

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