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Catégorie : Ethique

L’art d’après – Colloque Crane Lab – Juin 2015

 

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Texte publié à l’issue du colloque « l’Acte artistique – prosommation et Big Data », qui a eu lieu le vendredi 5 juin 2015 au CRANE Lab, Château de Chevigny – 21140 Millery.

 
 

L’art d’après

L’acte artistique, espérant la sublimation de l’acte banal, est avant tout transformatif, banalement. Et si l’acte en général peine à nous révéler sa signification, ne nous informant que de ce que nous investissons en lui sans rien révéler du but ultime, l’acte artistique tient quant à lui, dans une entreprise toujours en cours et toujours impossible, à mettre en sens l’action de transformation, sinon dans une narration en tout cas dans une esthétique. Condamné, par nécessaire ignorance première, à questionner sa relation au monde, dont l’éprouvé variable vient constamment aiguillonner son interprétation, l’humain ne peut accepter sa condition que dans la mesure où la vérité de celle-ci continue de lui échapper. L’art abouti risquerait l’impasse, l’aporie stérile d’avoir atteint l’harmonie quand celle-ci ne se perçoit que par contraste avec l’imperfection, se dissolvant et disparaissant nécessairement dans la totalité si elle devait être atteinte.

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The Adrastia organisation : “We are on the verge of an unprecedented global environmental switch”

 

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The Adrastia organisation works on the overcoming of humanity’s climax. Facing this unavoidable decline, Adrastia intends to provide scientific and social information and thinking, about the big economical and environmental issues, « to better anticipate the systemic degradation of our environment ».

We interviewed its president Vincent Mignerot, about the illusion of an eternal  development, and the forthcoming collapse.

 

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In french : Le Comptoir

Translation : Yves Bodson, Leïla Riguet

 
 

Le Comptoir :

On the beginning of your manifesto, you said, I quote : “the peak of availability, of all the resources necessary to our survival, has been crossed”. Could you briefly expose the arguments underlying this observation ?

Vincent Mignerot :

Until the eighteenth century, humanity evolved filling its needs by the exploitation, almost exclusively of  raw materials, and energetic resources – animal, vegetable, mineral, hydraulic, and wind – available on earth. However, the growth of utilisation of coal and oil pushed us to dig deeper in the ground to fulfil our needs. We moved from a bi-dimensional interaction with environment, to a three-dimensional one.

But the act of digging, to extract the resources is subject to physical constraints that we can summarize like this : “the more we dig, the harder it will be to continue to dig”. The extraction of everything that allows a good functioning of our economy, from hydrocarbons to metals, is leading to a bottleneck : the cost of research for energy and raw materials is everyday higher, because the strains made are higher everyday. Experts call it Energy Returned On Energy Invested (EROEI) or Energy Return On Investment (EROI).

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The ecological singularity

 

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The technological singularity, chronological scale by Ray Kurzveil

 

The technological singularity is a concept which came into being in the mid-20th century. Before considering what the technological singularity implies, let us take a look at what a ‘singularity’ is. According to Murray Shanahan, « In physics, a singularity is a point in space or time, such as the center of a black hole or the instant of the Big Bang, where mathematics breaks down and our capacity for comprehension along with it. » (1) A technological singularity corresponds to the time when ordinary humans will be overtaken by artificially intelligent machines and/or cognitively enhanced biological intelligence. It will be the advent of artificial general intelligence (also known as strong AI). Such a singularity in human history will have far-reaching consequences so much so that «our understanding of what it means to be human – to be an individual, to be alive, to be conscious, to be part of the social order – all this would be thrown into question, not by detached philosophical reflection, but through force of circumstances, real and present. » (2). Transhumanists who believe humans can transcend their biological limitations through the use of technology are optimistic about a future with artificial intelligence while others see the advent of the technological singularity as a degrading life form and enslavement.

When the advent of the singularity occurs is still the subject of much speculation (as is the concept of singularity itself). Based on Moore’s law and the law of accelerating returns, some people like Ray Kurzveil think it might occur around 2045.  However, what seems more scientifically probable and accepted is the idea that the technological singularity will coincide with the decline of humanity due to depleting resources, pollution and the global destruction of the ecosystem.

For the time being we shall focus on how the timescale for the technological singularity somehow overlaps the scenarios put forth by the Club of Rome concerning the future of humanity. The idea that technology might bring about dramatic changes in the way we adapt to the world shares common ground with another reality.

 

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La singularité écologique

 

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The ecological singularity

 

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La singularité technologique, frise chronologique de Ray Kurzweil

 

La singularité technologique, concept  qui a émergé au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle, propose d’envisager un temps à partir duquel les technologies développées par l’humain auront atteint un tel niveau de performance et d’autonomie que l’humanité pourrait vivre une ère de fusion avec la machine, modifiant le fonctionnement de son corps et de son esprit. Les perspectives envisagées après la singularité sont multiples et toujours discutées : élévation « dématérialisée » de l’esprit, vie extra corporelle pour les plus optimistes (transhumanisme), au contraire avilissement et aliénation pour les plus critiques.

La période supposée voir survenir la singularité technologique, notamment estimée à partir de la Loi de Moore, mais qui reste aussi spéculative que le concept même de singularité, coïncide avec celle des prévisions désormais acceptées par l’essentiel de la communauté scientifique du déclin de l’humanité par fin des ressources, pollution et destruction globale de l’équilibre écologique vital.

Sans envisager aucun rapprochement causal entre ces deux prédictions, observons en quoi il n’est peut-être pas sans signification que la temporalité de la singularité technologique recoupe les scénarios notamment proposés par le Club de Rome sur l’avenir humain. L’idée que la technologie pourrait provoquer des changements profonds dans les modes d’adaptation humains recoupe peut-être une autre réalité.

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L’avenir de l’humanité : la paix absolue 2/2

 

Article paix 1/2

 

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S’il n’y a pas d’espoir, la guerre est impossible.

 
 
 

Nous ne pensons pas l’avenir avec les bons paradigmes

Alors qu’il ne fait plus de doute aujourd’hui, en toute rigueur, que la fin des ressources et les dérèglements climatiques contraindront de plus en plus fortement l’existence humaine, notre compréhension de la période à venir de réduction du champ des possibles subit un biais cognitif : nous sommes contraints de projeter sur ce qui va arriver (le déclin) ce que nous connaissons du monde d’hier (l’opulence).

Nous continuons à penser le 21ème siècle avec les paradigmes du 20ème, et ils sont caduques. Ils sont faux sur la disponibilité des ressources et nos potentialités de développement (le modèle économique néoclassique des approvisionnements faciles ne tient plus, évidemment), et ils sont faux à propos de la peur… parce que nous n’avons plus les moyens de la guerre !

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L’avenir de l’humanité : la paix absolue 1/2

 

Article paix 2/2

 

Le 30 décembre 2014, le magazine en ligne Slate publiait un article sur la violence dans le monde (intégré en bas de page), rédigé non par un journaliste mais par deux experts : Andrew Mack, spécialiste de la sécurité internationale et Steven Pinker, professeur de Psychologie à Harvard.

Selon les recherches particulièrement documentées de ces spécialistes, l’ensemble de l’humanité n’a jamais connu une époque aussi paisible. Sauf disparités locales ou ponctuelles qui ne modifient pas la tendance générale, le taux d’homicide baisse, de même que les violences envers les femmes, envers les enfants, les génocides et les massacres de civils sont en recul et dans l’ensemble le nombre et l’intensité des conflits armés semble diminuer.

Ces données sont étonnantes, quand les indicateurs de ce qu’on pense être les causes des conflits et des haines sont tous au rouge (disponibilité de l’énergie et des ressources, climat détérioré, rendements agricoles en baisse, destruction directe de la faune et de la flore dont nous dépendons plus ou moins directement… lire la synthèse des données sur le site Adrastia.org).

La diminution de la violence correspond-elle à une période de répit, celle du point culminant de l’évolution humaine, avant la survenue du chaos pour cause de fin concrète des ressources et de destruction de l’équilibre écologique vital ?

 

Rome

Limits to Growth, The 30‑Year Update

Donella Meadows, Dennis Meadows, Jorgen Randers

 

Ou alors, et de façon contre-intuitive, le vortex d’effondrement qui s’annonce rendra-t-il le monde moins dangereux encore ?

Parions que l’humanité vivra son déclin chaque jour avec moins de violence, et voyons en quoi cette hypothèse n’est pas à écarter.

 

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Biais de confirmation ?

 

“Le biais de confirmation fait référence à la pensée sélective qui fait que quelqu’un a tendance à noter et à chercher ce qui confirme ses croyances, et à ignorer, ne pas rechercher, ou sous-estimer l’importance de ce qui les contredit.”

Source : www.sceptiques.qc.ca

 

S’il n’a jamais été possible d’affirmer scientifiquement que l’humanité puisse dépasser les contraintes physiques de sa relation à l’environnement (en particulier la fin des ressources, mais aussi son impact direct sur la vie ou le climat), la compilation d’indices, de références, d’éléments historiques, culturels voire mythologiques attestant que l’humanité a toujours considéré sa fin comme possible et qu’elle la soupçonne même désormais d’être imminente pourrait être considéré comme une faiblesse méthodologique, une tentative de n’observer que le pire afin de justifier artificiellement un point de vue particulier.

Il n’en est rien sur ce site, l’intention est bien de considérer les questions existentielles dans leur totalité définissante, en tentant notamment de comprendre comment l’humanité se singularise des autres expèces vivantes par sa capacité à élaborer des croyances et à s’adapter en fonction d’elles, plutôt qu’en ce qui est connu ou connaissable de la réalité (lire Le piège de l’existence). Si cette quête de totalité s’intéresse nécessairement à la question de la fin, une sage eschatologie doit aussi rechercher au coeur de ces histoires que nous nous racontons ce que nous avons manifestement toujours redouté et qui pourrait être vrai.

De fait, même si nous préférons souvent ne pas le voir, tout a été dit depuis longtemps, et ce sont désormais les mesures sur le réel qui confirment les craintes plutôt que les fantasmes.

 
 
 

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Ecologie et totalité

 

Il ne semble pas envisageable que nous parvenions à réduire nos émissions de gaz à effet de serre par anticipation, avant la déplétion des hydrocarbures. Nous n’opérerons jamais aucune transition énergétique, aucune réduction volontaire de notre impact sur l’environnement (lire L’écologie est-elle possible ?).

 

Selon l’équation de Kaya, le niveau de “progrès” (de confort, de sécurité) de l’humain peut être admis comme parfaitement indexé à la consommation d’énergie. Alors proposer de moins émettre de GES en réduisant la consommation de pétrole et de charbon (qui ne peuvent pas être remplacés par des énergies renouvelables sans réduire aussi à terme le niveau de confort global, puisque les énergies renouvelables dépendent de ressources primaires finies pour être mises en œuvre et entretenues) c’est immanquablement proposer de réduire notre niveau de vie… et cela induit un recul dans la compétition existentielle, à l’échelle de l’individu, de la famille, qui sera moins capable de se soigner ou de prendre soin de ses proches et de ses enfants, ou de la communauté : un pays qui réduirait volontairement son PIB reculerait instantanément dans la compétition internationale. Proposer donc de réduire notre niveau de vie signifie demander aux individus et aux peuples de faire des efforts à leur désavantage direct. Pourquoi feraient-ils ces efforts puisqu’ils seraient sûrs d’être perdants ? Même si à terme les efforts auraient protégé l’avenir, la compétition, elle, se joue bien dans l’instant !

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