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Catégorie : Métaphysique

Les mirages du point final – Etienne Klein – France Culture

 

France Culture Etienne Klein

 

« Pour qu’une future théorie prétendument « du tout » puisse se revendiquer scientifique il faudrait qu’elle conduise à des prédictions qui puissent être vérifiées par des mesures, des observations ou des expériences, sans quoi elle risquerait de ne pouvoir se départir du rôle d’éternelle conjecture ou servirait de prétexte à pouvoir tout dire sur n’importe quoi. »

« Une théorie “du” tout ne saurait être considérée a priori comme une théorie “de” tout. »

Etienne Klein

 

Que pourrait-être, alors, une théorie “de” tout ?

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Ecouter Etienne Klein sur France Culture, émission du 15 mai 2014 (5 minutes) :

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L’Univers n’existe pas, il passe

 

 L'Univers passe

 
 
 

Notre Univers est-il ouvert ou fermé ?

La cosmologie ne se fourvoie-t-elle pas en tentant de répondre à cette question obsessionnelle ?

Christian Magnan, Collège de France

 
 

Une question taraude les astrophysiciens : l’Univers est-il un système ouvert ou un système fermé ? Dit autrement : d’où provient l’énergie qui alimente son évolution, son expansion ? Provient-elle de son intérieur, par une forme d’« énergie sombre », ou est-il « ouvert » sur quelque chose, à définir, qui l’alimenterait et l’empêcherait de se trouver dans un état dit de stabilité thermodynamique ? Si, comme le montrent certaines des dernières recherches à ce sujet l’avancée générale des structures qui constituent l’Univers tend vers la maximisation de la dissipation de l’énergie (MEP : Maximum Entropy Production), d’où provient cette énergie ?

Il faut résoudre le paradoxe d’un Univers qui doit à la fois être toute chose (un système fermé) et pour autant trouver ressource suffisante à maintenir le déséquilibre thermodynamique qui permet sa complexification progressive.

Et si, au lieu de puiser ses ressources en quelque lieu interne ou externe providentiel, l’Univers les puisait à… hier ?

Il faut réformer nos préconçus. Nous pensons en trois dimensions, et nous pensons en temporalité. Mais rien ne dit que l’Univers soit intrinsèquement une structure tridimensionnelle à l’intérieur de laquelle s’écoulerait le temps. Au contraire, tout ce que nous pouvons observer de l’Univers pourrait n’avoir aucune dimension, et ne générer de l’observable que parce que les dimensions apparaîtraient au fur et à mesure du passage du temps.

La source même de l’énergie qui donne forme à tout ce qui fait monde pourrait n’être que l’écoulement du temps, et rien n’aurait d’existence en-dehors de cet écoulement. La provenance du réel et de son agencement ne serait que le précédent de l’instant au profit de l’instant toujours en train de se faire.

Nous avons peut-être trouvé l’ouverture, l’extérieur de l’Univers. Cette altérité à la totalité de ce qui peut être ne serait que cette même totalité qui se consommerait elle-même pour assurer sa propre pérennité.

Cela ne serait pas sans conséquence. Si tout prend forme à partir de la consommation de tout instant précédent la forme, cela signifie que tout instant précédent… disparaît définitivement ! Il n’y aurait pas alors d’hier physique, nulle part dans l’Univers. Tout ce qui aurait eu lieu serait annihilé à chaque instant, au profit de la continuation de la totalité.

Voilà ce que nous pouvons envisager du réel et qui pourrait répondre à la question de l’ouverture : l’Univers n’aurait aucune existence d’aucune sorte dans aucune dimension en-dehors de celles que génèrerait l’instant.

Hier n’existerait plus du tout. Demain n’existerait pas encore.

Tout ne serait que perpétuel glissement.

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La singularité écologique

 

ecological singularity english

The ecological singularity

 

PPTSuperComputersPRINT

La singularité technologique, frise chronologique de Ray Kurzweil

 

La singularité technologique, concept  qui a émergé au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle, propose d’envisager un temps à partir duquel les technologies développées par l’humain auront atteint un tel niveau de performance et d’autonomie que l’humanité pourrait vivre une ère de fusion avec la machine, modifiant le fonctionnement de son corps et de son esprit. Les perspectives envisagées après la singularité sont multiples et toujours discutées : élévation « dématérialisée » de l’esprit, vie extra corporelle pour les plus optimistes (transhumanisme), au contraire avilissement et aliénation pour les plus critiques.

La période supposée voir survenir la singularité technologique, notamment estimée à partir de la Loi de Moore, mais qui reste aussi spéculative que le concept même de singularité, coïncide avec celle des prévisions désormais acceptées par l’essentiel de la communauté scientifique du déclin de l’humanité par fin des ressources, pollution et destruction globale de l’équilibre écologique vital.

Sans envisager aucun rapprochement causal entre ces deux prédictions, observons en quoi il n’est peut-être pas sans signification que la temporalité de la singularité technologique recoupe les scénarios notamment proposés par le Club de Rome sur l’avenir humain. L’idée que la technologie pourrait provoquer des changements profonds dans les modes d’adaptation humains recoupe peut-être une autre réalité.

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Théorie écologique de l’esprit : confirmations ?

 

Toute la singularité de l’humanité pourrait ne trouver son origine que dans l’apparition de nouvelles contraintes adaptatives : les avantages acquis et leurs effets sur l’environnement auraient obligé notre esprit à évoluer de façon spécifique.

 

Essai Sur la Raison de Tout, Le piège de l’existenceSynesthésie et probabilité conditionnelles sont trois ouvrages qui traitent de la possibilité d’une “théorie écologique de l’esprit” compatible avec l’histoire, les données anthropologiques et les observations passées ou contemporaines. Le premier ouvrage est un modèle d’évolution à ambition holistique, le second présente une synthèse méthodologique et conceptuelle permettant de mieux comprendre en quoi le déterminisme évolutif semble contraindre nos choix, le dernier propose une modélisation plus fine de la singularité de l’esprit humain, au regard de particularités perceptives et cognitives des autres êtres vivants.

Retrouvez sur cette page des études qui pourraient confirmer la validité des différentes hypothèses que je propose.

 
 

Une structure cognitive analytique ou holistique dépendrait du type d’agriculture (riz, blé) pratiqué dans l’histoire de la communauté d’appartenance de l’individu :

Écouter cette émission sur France Culture

Étude de référence sur Science Mag

riz

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L’apparition des grandes religions expliquée par une hausse du niveau de vie

 

Psychomedia

 

Sources : Psychomedia et Current Biology

 

Le 12 décembre 2014, le magazine en ligne Psychomedia publie un article résumant les conclusions d’une nouvelle étude publiée dans Current Biology (intégration ci-dessous). Celle-ci montrerait que l’apparition des grandes traditions religieuses trouverait sa cause dans une augmentation générale du niveau de vie (que les auteurs appellent aussi “capture d’énergie”).

L’Essai Sur la Raison de Tout propose également de considérer l’hypothèse d’une théorie écologique de l’esprit : la singularité humaine (capacités d’abstraction, langage complexe et structure psychique) n’aurait pour explication que la dérégulation progressive de la relation à l’environnement par l’acquisition de techniques qui, si elles apportent des avantages adaptatifs, ont aussi des effets destructeurs obligeant à devoir substituer à la réalité de ces effets délétères d’autres représentations afin de ne plus avoir à en tenir compte pour maintenir possible le profit. L’humanité serait la seule espèce capable d’agir de façon dérégulée sur l’environnement, en s’adaptant en fonction des histoires qu’elle se raconte plutôt qu’en fonction de la réalité perçue. Cette différence suffirait à expliquer sa différenciation de l’ensemble des autres êtres vivants. L’humanité n’est plus une espèce comme les autres, car elle peut croire que les animaux chassés de façon dérégulés pourront exister même après leur disparition, que la destruction par le feu mal maîtrisé pourra être compensée par une meilleure maîtrise du feu et que les accidents deviendront impossibles, que les forêts repoussent sans fin à l’identique après leur abattage, que les champs pourront rester fertiles malgré leur surexploitation etc.

L’humanité, affranchie de la régulation de la vie par la vie qui définit normalement le champ des possibles pour tout être vivant, ne peut pour autant pas exister sans donner ni sens ni règles à son action, et l’acquisition d’un plus grand confort par le non-respect des règles préinscrites dans les contraintes naturelles impliquerait l’élaboration de mythologies et de croyances proposant leurs propres règles de régulation.

Cette étude participerait à confirmer cette hypothèse.

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De l’origine, des processus et du déterminisme

Wang Fuzhi

 

Pensée de Wang Fuzhi, lettré chinois (1619-1692) :

« Il n’y a jamais eu ”un moment ou un existant qui puisse servir de point de départ au procès (lire “process”, en tant que processus)”, de sorte que ”tout le reste en soit la suite”. Ce que nous instituons comme point de départ n’est toujours qu’une commodité de la civilisation et n’a d’autre valeur qu’arbitraire, qu’il s’agisse du premier jour de l’année pour le décompte du temps, ou du choix du printemps par rapport aux saisons. »

« En amont comme en aval de lui-même, le cours du procès n’a pas d’extrémité possible. »

« On ne peut reconnaître un procès que dans la mesure où il est en train d’être en procès. Il n’y a de procès qu’en procès. Et la notion même de procès dissout la question de l’origine. »

 

F. Jullien, Procès ou Création. Une introduction à la pensée des lettrés chinois, Paris, Seuil, 1989

Citation trouvée dans l’ouvrage d’E. Klein : Les monde selon Etienne Klein, Paris, Equateurs Essais, 2014

 

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Avant demain, Epigenèse et rationalité – Catherine Malabou

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Avant demain, Epigenèse et rationalité de Catherine Malabou (PUF, 336 p, 21 €)

Catherine Malabou

 
 

Philosophe rattachée au courant actuel du “réalisme spéculatif”, Catherine Malabou se propose dans son nouvel essai Avant demain, Epigenèse et rationalité, d’interroger les processus de pensée à partir de leur ancrage biologique (Les Inrocks).
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