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Catégorie : Thermodynamique

Théorie écologique de l’esprit et évolution : un cerveau soumis à la quête de complexité

 

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Illustration depuis le site sciencealert.com – Crédit Jose Luis Calvo/Shutterstock.com

 
 

La tentative d’élaboration d’une “théorie écologique de l’esprit” menée dans les études et ouvrages que je propose envisage que l’humanité et ses capacités singulières ne soient que le résultat d’un processus évolutif général qui obligerait tous les systèmes d’objets à générer toujours un maximum de complexité en fonction de leur capacité à générer de la complexité. Dans le vivant, la sélection s’opérerait en fonction de ce critère et l’évolution serait l’augmentation globale de la complexité des interactions entre tous les êtres vivants, par élimination successive des individus et populations moins performants dans le maintien de la complexité maximale, en fonction des conditions et de leurs propres capacités à générer de la complexité (des relations complexes, voir ci-dessous quelques extraits de l’Essai Sur la Raison de Tout).

L’équipe constituée par le chercheur R. Guevara Erra (CNRS) a élaboré un protocole expérimental afin de tester l’hypothèse que les fonctions les plus élaborées de l’esprit seraient aussi celles qui généreraient le plus de complexité, celles qui optimiseraient le mieux le traitement de l’information (la question du libre arbitre devant alors être traitée en fonction de cette contrainte). La recherche est encore balbutiante sur ces hypothèses et les protocoles sans aucun doute à améliorer. Le potentiel heuristique de tels travaux semble pour autant très grand, ils pourraient participer à la confirmation que l’élaboration d’une théorie écologique de l’esprit pertinente est possible, capable en particulier d’expliquer en quoi nos capacités singulières d’interaction avec notre milieu ont autant d’impact sur l’environnement (très forte consommation de ressources et d’énergie indispensables au fonctionnement des sociétés humaines). L’hypothèse de la dissipation maximale de l’énergie (dite aussi MEP pour Maximum Entropy Production, lire François Roddier) montre déjà certaines qualités : elle est simple, d’aucuns diraient même élégante et, surtout, elle est vérifiable et semble correspondre aux évènements, tels qu’ils ont eu lieu et se déroulent chaque jour.

 

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BIG FREEZE (thermodynamique de l’amour)

 

Un immense merci à Thomas Poitevin qui, ayant trouvé sur les réseaux mon texte Les émotions de la thermodynamique, a choisi de confronter artistiquement l’hypothèse, posée à la suite de François Roddier, Hubert Reeves et Trinh Xuan Thuan, qu’il pourrait exister un lien fort entre les émotions qui nous portent et les lois fondamentales de la physique.

 

emotions thermodynamique théâtre

 

CRÉATION LA LOGE 2015-2016

Informations et réservations

 

Ecrit et mise en scène par Thomas Poitevin
Inspiré des écrits de François Roddier, Vincent Mignerot, Trinh Xuan Thuan, Hubert Reeves

 

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COP21 : espérer le changement, pour ne rien changer

 

Grandjean Chroniques de l'anthropocène
Alain Grandjean – Chroniques de l’anthropocène

 

Je travaille sur ce site et dans l’association Adrastia à diagnostiquer les faux espoirs et les assertions non scientifiques concernant la protection de l’environnement. Je relaie le point de vue d’Alain Grandjean sur l’accord COP21 (intégré ci-dessous ou suivre ce lien) en apportant quelques éléments de critique, à développer ou qui sont développés dans les liens hypertextes (je passe les critiques les plus évidentes : accord non contraignant, échéancier beaucoup trop tardif et étendu).

 

– Alain Grandjean confirme que nous sommes sur la trajectoire des 3 °C de réchauffement.

– Les fantasmes sur les nouvelles énergies renouvelables (ENR) sont omniprésents (les voitures électriques pollueraient moins que les thermiques par exemple et aucune mention de la fin des ressources).

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L’homme et l’énergie, des amants terribles – Jean-Marc Jancovici

 

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Conférence à l’école des Ponts et Chaussées, le 18 septembre 2015

 

Une conférence indispensable pour comprendre les liens entre énergie, matières premières, économie et écologie au sens large.

Je ne partage pas le point de vue de Jean-Marc Jancovici sur le nucléaire. Je crains que dans une perspective de protection de l’environnement et de soutien des économies, “remplacer le charbon par des centrales nucléaires” nous fasse prendre des risques techniques que nous ne sommes pas sûrs de pouvoir assumer à terme. Par ailleurs l’idée qu’un mode de production d’énergie, quel qu’il soit, puisse se substituer à un autre est une hypothèse non vérifiée qui peut entraîner des espoirs infondés voire contre-productifs : jusqu’à aujourd’hui, à l’échelle mondiale, toutes les façons de produire de l’énergie se sont additionnées strictement, accumulant pour l’environnement leurs effets délétères respectifs. La substituabilité d’une énergie par une autre serait envisageable si le PIB d’un pays n’était pas intimement lié à sa consommation d’énergie, mais les équations et la réalité ne le montrent pas(1) et chaque pays préfère naturellement utiliser tous les moyens à sa disposition pour obtenir de l’énergie plutôt que de reculer dans la compétition économique.

Dans le constat de la stricte addition des modes de production d’énergie je suis donc entièrement d’accord avec Jean-Marc Jancovici lorsqu’il affirme, à 1:28:25 de son intervention :

“Les gens qui disent “on va remplacer les fossiles par du photovoltaïque et de l’éolien”, malheureusement pour eux, ne font QUE œuvrer pour que le changement climatique soit plus important.”

Mais le raisonnement pour les ENR s’appliquant aussi selon moi pour le nucléaire, il faut craindre que les sociétés qui fonctionneront encore après la singularité écologique (la fin du développement pour l’ensemble de l’humanité) consommeront toujours très majoritairement du charbon, du pétrole et du gaz, tout comme nos sociétés d’aujourd’hui.

“Entre 2000 et 2014, le charbon a augmenté 35 fois plus que le solaire, et 10 fois plus que l’éolien” (JM Jancovici).

Demain sera beaucoup plus steampunk que smart grid.

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Les émotions de la thermodynamique

 

Ou l’amour suicidaire

 
 
 

Anna Thairs Entropy

Crédit : Anna Thairs

 
 
 

Vincent Mignerot, septembre 2015

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La pièce de théâtre BIG FREEZE, thermodynamique de l’amour, en partie inspirée de ce texte, sera rejouée au Théâtre de la Reine Blanche en février 2017 !

 
 
 
 

Qu’avons-nous fait ?

Le climat maniaco-dépressif, les océans exsangues, les forêts saccagées, les champs en cours de stérilisation, les espèces végétales et animales disparaissant plus vite que nous parvenons à les répertorier ? Nous n’avons jamais voulu cela ! Comment expliquer que le monde nous échappe à ce point, quand nous avons le sentiment de ne l’avoir jamais autant maîtrisé ?

Nous devons envisager que quelque chose nous dépasse, que nous n’avons peut-être même pas inventé, ni Dieu, ni les équations de la physique ni aucune métaphysique, quelque chose d’autre encore, peut-être un principe universel simple et déjà inscrit en nous, mais si révélateur de notre vérité que nous ne pouvions l’identifier que lorsque cette vérité deviendrait incontournable.

La solitude nous angoisse et l’apaisement pour notre cœur n’est pas sans effet sur le monde.

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L’Univers n’existe pas, il passe

 

 L'Univers passe

 
 
 

Notre Univers est-il ouvert ou fermé ?

La cosmologie ne se fourvoie-t-elle pas en tentant de répondre à cette question obsessionnelle ?

Christian Magnan, Collège de France

 
 

Une question taraude les astrophysiciens : l’Univers est-il un système ouvert ou un système fermé ? Dit autrement : d’où provient l’énergie qui alimente son évolution, son expansion ? Provient-elle de son intérieur, par une forme d’« énergie sombre », ou est-il « ouvert » sur quelque chose, à définir, qui l’alimenterait et l’empêcherait de se trouver dans un état dit de stabilité thermodynamique ? Si, comme le montrent certaines des dernières recherches à ce sujet l’avancée générale des structures qui constituent l’Univers tend vers la maximisation de la dissipation de l’énergie (MEP : Maximum Entropy Production), d’où provient cette énergie ?

Il faut résoudre le paradoxe d’un Univers qui doit à la fois être toute chose (un système fermé) et pour autant trouver ressource suffisante à maintenir le déséquilibre thermodynamique qui permet sa complexification progressive.

Et si, au lieu de puiser ses ressources en quelque lieu interne ou externe providentiel, l’Univers les puisait à… hier ?

Il faut réformer nos préconçus. Nous pensons en trois dimensions, et nous pensons en temporalité. Mais rien ne dit que l’Univers soit intrinsèquement une structure tridimensionnelle à l’intérieur de laquelle s’écoulerait le temps. Au contraire, tout ce que nous pouvons observer de l’Univers pourrait n’avoir aucune dimension, et ne générer de l’observable que parce que les dimensions apparaîtraient au fur et à mesure du passage du temps.

La source même de l’énergie qui donne forme à tout ce qui fait monde pourrait n’être que l’écoulement du temps, et rien n’aurait d’existence en-dehors de cet écoulement. La provenance du réel et de son agencement ne serait que le précédent de l’instant au profit de l’instant toujours en train de se faire.

Nous avons peut-être trouvé l’ouverture, l’extérieur de l’Univers. Cette altérité à la totalité de ce qui peut être ne serait que cette même totalité qui se consommerait elle-même pour assurer sa propre pérennité.

Cela ne serait pas sans conséquence. Si tout prend forme à partir de la consommation de tout instant précédent la forme, cela signifie que tout instant précédent… disparaît définitivement ! Il n’y aurait pas alors d’hier physique, nulle part dans l’Univers. Tout ce qui aurait eu lieu serait annihilé à chaque instant, au profit de la continuation de la totalité.

Voilà ce que nous pouvons envisager du réel et qui pourrait répondre à la question de l’ouverture : l’Univers n’aurait aucune existence d’aucune sorte dans aucune dimension en-dehors de celles que génèrerait l’instant.

Hier n’existerait plus du tout. Demain n’existerait pas encore.

Tout ne serait que perpétuel glissement.

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Maximum Entropy Production – 3e loi thermodynamique

 

La physique aujourd’hui se questionne sur la possibilité d’une loi générale qui orienterait l’organisation de toute chose, qui donnerait un sens à l’évolution de l’Univers.

La “troisième loi de la thermodynamique” ou MEP (Maximum Entropy Production) pourrait être cette loi, et elle exprime que les structures physiques suivent la nécessité de toujours dissiper un maximum d’énergie par unité de masse.

 

“L’astrophysicien américain Eric Chaisson a montré en 2001 qu’au fil de l’histoire de l’univers sont apparues des structures capables de dissiper l’énergie toujours plus efficacement, en rapportant leur production d’énergie libre à leur masse :

Source François Roddier - Thermodynamique de l'évolution
Source François Roddier – Thermodynamique de l’évolution
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De l’origine, des processus et du déterminisme

Wang Fuzhi

 

Pensée de Wang Fuzhi, lettré chinois (1619-1692) :

« Il n’y a jamais eu ”un moment ou un existant qui puisse servir de point de départ au procès (lire “process”, en tant que processus)”, de sorte que ”tout le reste en soit la suite”. Ce que nous instituons comme point de départ n’est toujours qu’une commodité de la civilisation et n’a d’autre valeur qu’arbitraire, qu’il s’agisse du premier jour de l’année pour le décompte du temps, ou du choix du printemps par rapport aux saisons. »

« En amont comme en aval de lui-même, le cours du procès n’a pas d’extrémité possible. »

« On ne peut reconnaître un procès que dans la mesure où il est en train d’être en procès. Il n’y a de procès qu’en procès. Et la notion même de procès dissout la question de l’origine. »

 

F. Jullien, Procès ou Création. Une introduction à la pensée des lettrés chinois, Paris, Seuil, 1989

Citation trouvée dans l’ouvrage d’E. Klein : Les monde selon Etienne Klein, Paris, Equateurs Essais, 2014

 

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Crises, environnement, climat : pourquoi il est trop tard pour agir… depuis toujours

 

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Nous nous questionnons sur la soutenabilité de nos sociétés en contexte de crise systémique. Parviendrons-nous à nous adapter au changement climatique ? Saurons-nous remplacer nos ressources énergétiques, que nous savons limitées, par d’autres, disponibles sur le long terme ? Pourrons-nous dépasser la fin des matières premières pour construire un autre monde, plus sobre, de surcroît plus respectueux de l’environnement ?

Si nous n’y parvenons pas et que les civilisations hypertechnologiques d’aujourd’hui disparaissent, d’autres pourront-elles leur survivre et prolonger longtemps l’histoire humaine ?

 

Cet article est une introduction à la théorie écologique de l’esprit et à la théorie de tout proposées dans les ouvrages référencés ci-dessous, tentant d’éprouver leurs arguments et leur méthodologie au regard d’un avenir aux perspectives inquiétantes qu’il nous faut apprendre à penser et anticiper.

 

Le piège de l’existence : Pour une théorie écologique de l’esprit, Editions SoLo, 2015

 

Essai Sur la Raison de Tout, deuxième version : La vérité, Editions SoLo, 2014

 

Synesthésie et probabilité conditionnelle : Lire le langage de programmation de l’Univers, accéder à une théorie de tout ?, Editions SoLo, 2014

 

theorie de tout mignerot

 

Plan :

1    Evolution autonome du climat

2    Le libre arbitre, cette (belle !) illusion

3    La compétition interdit la protection de l’environnement

4    Un effondrement salvateur ?

5    L’autodestruction est inscrite dans le principe d’humanité

6    Des processus, non une suite d’évènements

7    L’incertitude comme une défense, non comme de la prudence

8    Conclusion

–    Définitions et références

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