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Catégorie : Tout a été dit depuis toujours

Marguerite Yourcenar sur la destruction de l’équilibre écologique vital, 1981

En 1981 Marguerite Yourcenar fait un constat d’une exhaustivité et d’une clairvoyance que les experts contemporains de l’écologie ne parviennent que rarement à égaler.

En moins de 30 minutes elle évoque l’impossible évasion interstellaire, les forêts américaines détruites avant le début du 20ème siècle, la Grèce antique au climat perturbé par l’humain, les effondrements de civilisation par excès de conquêtes territoriales, l’histoire de la chimie liée à des intérêts militaires (napalm)…

Marguerite Yourcenar (source Wikipedia), née Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour le 8 juin 1903 à Bruxelles et morte le 17 décembre 1987 à Bar Harbor, dans l’État du Maine (États-Unis), est une femme de lettres française naturalisée américaine en 1947, auteur de romans et de nouvelles « humanistes », ainsi que de récits autobiographiques. Elle fut aussi poétesse, traductrice, essayiste et critique littéraire.
Elle fut la première femme élue à l’Académie française, le 6 mars 1980, grâce au soutien actif de Jean d’Ormesson, qui prononça le discours de sa réception, le 22 janvier 1981.


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Quand les machines à vapeur étaient… solaires ! – Philippe Gauthier

Philippe Gauthier | 5 juin 2016

Publication originale sur le site VOIR

 

Bien qu’on associe généralement le XIXe siècle au charbon, cette source d’énergie n’est imposée que tardivement, pour atteindre son sommet vers 1900. En réalité, rappelle François Jarrige, maître de conférence en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne, l’époque victorienne a été marquée par une intense course aux nouvelles énergies, longtemps dominée par la traction animale, le vent et même… le soleil. L’idée persistante de « l’énergie illimitée du soleil » apparaît en effet dès 1870!

Je n’ai pas l’intention ici de résumer toute la conférence prononcée au début de mai par l’historien (voir les sources plus bas pour le lien), seulement d’en dégager quelques idées fortes avant de revenir sur cette histoire oubliée d’énergie solaire au XIXe siècle. Selon François Jarrige, il importe de réécrire l’histoire énergétique du XIXe siècle. La victoire du charbon n’était pas inéluctable et, dans les faits, elle a affronté de nombreux obstacles. Le XXIe siècle est en train de renouer avec cette inventivité en matière d’énergie.

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Perfectionnement des sources existantes

Au début du XIXe siècle, les machines à vapeur demeurent des curiosités et le charbon, lourd et difficile à transporter, reste peu disponible. La ville de Manchester, en Angleterre, est longtemps le centre et la principale démonstration des possibilités de la vapeur. Dans les régions moins bien pourvues en charbon, on exploite de plus en plus rationnellement la traction animale, le vent et l’eau.

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Franck Capra, 1958 : le réchauffement climatique est un risque

En 1958 Franck Capra réalise un film pédagogique tout public sur le fonctionnement de la biosphère, en particulier du climat. Il fait un état des lieux sur les connaissances scientifiques de l’époque concernant la circulation des vents, l’origine des orages, des cyclones, le cycle de l’eau…

Le film se termine en posant cette question qui nous inquiète aujourd’hui et dont la réponse ne fait plus mystère : l’humanité est-elle capable de perturber le climat par son action ?

Les estimations sur la montée des eaux sont sans doute excessives (en tout cas pour des échéances de l’ordre du siècle), nous pourrons ne pas adhérer au discours théologique ou à la naïveté de la conclusion (que les hommes aient été créés pour trouver l’harmonie entre eux et avec la nature), mais l’annonce du réchauffement climatique est là et parfaitement claire.

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Tomorrowland : Disney et la fin du monde

 

Le film À la poursuite de demain (Tomorrowland) se termine sur les fantasmes habituels d’un sauvetage possible de la planète grâce à l’innovation technologique et aux énergies renouvelables. Mais il est remarquable de constater que les scénaristes de chez Disney (Disney !) font une analyse de la réaction psychologique humaine devant le risque d’effondrement bien plus fine que la plupart des experts en la matière (pour aller plus loin, lire Les émotions de la thermodynamique).

 

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COP21 : un avenir plus serein

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Image GEO 2015 © Léia Santacroce

 

À l’issue d’intenses mais fructueuses négociations, aujourd’hui, le 12 décembre 1975, 3 ans seulement après la publication du rapport Meadows Les limites de la croissance, les représentants des états réunis à Paris ont signé un accord de solidarité en faveur de la protection de l’environnement, en particulier du climat.

L’anticipation proposée par cet accord contraignant permettra d’éviter les effets de l’inertie climatique, estimée à une quarantaine d’années. Si les émissions de gaz à effet de serre devaient évoluer au rythme du développement de nos économies, tel qu’il est estimé par le rapport Meadows, dès le début du 21ème siècle il serait alors trop tard pour agir et le climat subirait un réchauffement inéluctable de 3 à 6 degrés à l’horizon 2100. Ce réchauffement, par sa rapidité inédite, pourrait désertifier l’essentiel des surfaces terrestres et rendre les océans 150 pourcents plus acides, provoquant une extinction massive et globale des espèces animales et végétales, laissant peu d’opportunités d’existence pour l’humanité à terme.

Les efforts envisagés par cette « Conference Of Parties » de 1975 permettront heureusement d’éviter cette issue funeste.

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Georges Pompidou, discours sur l’écologie, 1970

 

Le rythme de l’évolution actuel crée en effet à l’homme de la fin du 20ème siècle des problèmes inattendus. Comme pris de court par les transformations de son milieu dont il est pourtant directement responsable il se demande s’il est encore capable de maîtriser les découvertes scientifiques et technologiques dont il attendait le bonheur. Tel l’apprenti sorcier, ne risque-t-il pas finalement de périr par les forces qu’il a déchaînées ?

L’emprise de l’homme sur la nature est devenue telle qu’elle comporte le risque de destruction de la nature elle-même. Il est frappant de constater qu’au moment où s’accumulent et se diffusent de plus en plus les biens dits de consommation ce sont les biens élémentaires les plus nécessaires à la vie, comme l’air et comme l’eau, qui commencent à faire défaut. La nature nous apparaît de moins en moins comme la puissance redoutable que l’homme du début de ce siècle s’acharnait encore à maîtriser, mais comme un cadre précieux et fragile qu’il importe de protéger pour que la Terre demeure habitable à l’homme.

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