Mise en garde

Lire Essai sur la raison de tout c’est pénétrer les entrailles du monde. C’est aller voir ce qui nous fait, au-delà des limites de notre esprit, au-delà des débats millénaires qui ont oublié les questions qu’ils posaient à force de ne pas y répondre. Lire Essai sur la raison de tout c’est prendre connaissance non du travail d’un homme, mais du travail de tous les objets de l’Univers à manifester de leur existence, y compris la nôtre. C’est remonter aux temps originels de l’indifférenciation, pour reconstruire étape par étape, brique par brique, une connaissance nouvelle qui intègre soi, et tout autre. C’est nous réconcilier avec nos contradictions et admettre notre soumission, non à Dieu ou à la morale, mais à nos illusions.

Il n’est pas pris garde dans ce travail de ménager telle opinion ou d’entretenir tel fantasme sur des valeurs désignées supérieures. D’ailleurs dans une difficile désillusion, l’écriture d’Essai sur la raison de tout a révélé ce que notre esprit nous dissimule afin de maintenir possible notre adaptation, depuis l’inévitable autodestruction de l’humanité jusqu’à la nécessité du discours pour nous abuser sur cette fin. Parce que la construction d’un modèle pertinent de compréhension du monde n’autorise pas au travestissement de nos peines, il n’est recommandé à personne qui ne se sente capable de les affronter de lire ce texte ou de participer au débat sur son contenu.

Cette mise en garde est valable aussi pour les éventuelles collaborations du projet synesthéorie dans son ensemble. Je n’ai pas choisi mes conclusions et ne pourrais les modifier pour un quelconque intérêt particulier. S’il m’est possible de composer avec le tiraillement existentiel qui nous fait tous, je ne saurais en revanche l’imposer et préfère en informer mes lecteurs.

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